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Développement durable mitigé

Paul Piret

Mis en ligne le 16/02/2012

Des progrès ont certes été réalisés depuis vingt ans en Belgique, mais insuffisants pour atteindre à temps des objectifs concrets. Ainsi dit le Bureau du Plan.

C’est à Rio, en 1992, que la communauté internationale s’est engagée à agir en faveur d’un développement durable. La Belgique était du lot. Sixième du genre, le nouveau rapport fédéral du Bureau du Plan sur le développement durable peut donc évaluer vingt ans d’engagement politique. Il y a progrès, mais insuffisants, peut-on en résumer.

Ce diagnostic du triangle social/économique/environnemental dans les politiques fédérales - et hélas uniquement fédérales, relève-t-on ci-contre - s’appuie d’abord sur une évaluation dans le temps de 25 indicateurs dits phares. Toute sélection du genre est évidemment relative et discutable. Reste, comme on le visualisera ci-dessous, que 12 des 25 peuvent être marqués en progrès rapides, huit en progrès lents et cinq en recul. Ainsi, rayon social, si le niveau de vie moyen a considérablement augmenté, des problèmes d’endettement s’aggravent. Rayon environnement, des progrès contre les pollutions contrastent avec des préoccupations persistantes sur l’état des ressources naturelles. Et puis, pour dix de ces indicateurs, des objectifs intermédiaires devaient être atteints en 2010. Seuls deux y parviendraient : sur la part de l’énergie renouvelable, sur les émissions de gaz à effet de serre.

Le rapport s’attarde ensuite sur les stratégies menées. Il y a eu renforcement dans le cadre légal de 1997 revu en 2010, relèvent les experts ; mais il y a eu des "affaiblissements" aussi. Immanquablement, on pointe ici "l’interruption du cycle stratégique" qu’a constituée le report d’un nouveau plan fédéral de développement durable. On eut en effet un premier plan sur 2000-2004, un deuxième en 2004-2008 prolongé jusqu’à l’adoption d’une nouvelle édition.

Vice-Premier CD&V en charge des Finances, mais aussi du Développement durable, Steven Vanackere vient ici de fournir à la Chambre l’échéancier suivant : la stratégie devrait être finalisée courant 2012, et le troisième plan sortir au printemps 2013. Oui, c’est lent, mais le ministre veut voir la démarche la plus largement partagée possible.

Enfin, le rapport aborde le suivi desdits plans, épais d’un millier de mesures. Serait-ce que, dans le développement durable, peut se glisser un côté fourre-tout ? En tout cas, le bulletin doit faire un tri. C’est en étudiant une politique concrète dans chacun des onze thèmes identifiés (en démographie, transport, santé, etc.). Dans quatre de ces onze cas, il s’avère trop tôt pour finaliser son évaluation. Quid des sept autres ?

A trois reprises, les objectifs n’ont pas été atteints malgré les efforts opérés, lit-on : favoriser une alimentation saine (en dépit de "l’ampleur de l’augmentation de la consommation de fruits et légumes") ; réduire le surendettement des ménages ; allonger la carrière active.

Et à quatre reprises, les objectifs sont atteints ou en voie de l’être : faciliter l’accès aux soins de santé (en tout cas pour ce qui est du Maf, le "maximum à facturer") ; respecter les plafonds nationaux d’émissions des polluants atmosphériques ; augmenter l’aide publique au développement ; soutenir l’achat de voitures moins polluantes.

Cela étant, il reste difficile de mesurer exactement la contribution des politiques menées au résultat atteint Ainsi en va-t-il du dernier cas évoqué, que l’on sait appartenir désormais au passé : quelle est la part "de l’effet d’aubaine" pour les consommateurs qui auraient de toute manière, aides fédérales ou pas, acheté des véhicules plus propres ?

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