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Le label PEFC mis à mal par le grand gibier
G.T.
Mis en ligne le 19/01/2010
Si le problème de la surabondance de grand gibier en Wallonie est généralement évoqué suite aux dégâts commis par les sangliers dans les cultures agricoles, voire dans les jardins de particuliers, il peut également avoir des conséquences qui, bien que moins médiatiques, n’en sont pas pour autant moins importantes. Ainsi, la végétation herbacée et arbustive du milieu forestier, ainsi que la biodiversité, peuvent-elles être mises en péril en raison de la pression exercée par des populations de cervidés trop importantes. Les dégâts aux arbres, notamment les plantations de résineux, victimes d’écorcement ou d’abroutissement, ont des répercussions financières conséquentes pour les propriétaires forestiers.
La situation est telle qu’elle inquiète aujourd’hui les responsables du système de certification PEFC (voir Epinglé) qui a pour finalité d’encourager une gestion durable des forêts. La commune de Wellin, par exemple, a vu sa certification suspendue parce qu’elle n’avait pas apporté de réponse adéquate au déséquilibre forêt-gibier qui y est constaté depuis 2006.
" Cette question du gibier représente effectivement le plus grand problème pour la gestion durable des forêts en Wallonie, notamment parce qu’il met à mal la régénération naturelle. Il faut mettre en place une protection des plants qui entraine des frais t rès importants pour les propriétaires. Si rien ne change, la certification d’autres communes pourrait aussi être suspendue à terme" , commente Vanessa Biebel, secrétaire générale de la Commission PEFC. Il y a quelques mois, poursuit-elle, un groupe de travail mis sur pied dans le cadre du PEFC a émis un certain nombre de recommandations aux autorités compétentes. Parmi celles-ci, on trouve la nécessité de réduire de façon importante la population de cerfs, chevreuils et sangliers qui passe notamment par un durcissement des plans de tirs (qui ne concernent que le cerf) ou encore une limitation du nourrissage. "Il y a apparemment certains abus en la matière" , observe M me Biebel. Les propriétaires forestiers (privés ou publics) sont par ailleurs confrontés à un choix difficile : "Miser sur la chasse qui offre des bénéfices importants à court terme ou sur une gestion des forêts qui produit une valeur économique à long terme."
D’autres observateurs estiment pour leur part que "l’administration se sert du levier PEFC" pour tenter de faire pression sur la législation qui encadre la chasse et la gestion du grand gibier en Wallonie.
Président de l’association "Nature, Terres & Forêts" (NTF), qui défend les intérêts des propriétaires ruraux de Wallonie (des agriculteurs, des forestiers, mais également des chasseurs) Etienne Snyers reconnait de son côté que la situation n’est pas simple. "Le fait est qu’il y a un vrai problème récurrent depuis quatre à cinq ans où localement en de nombreux endroits, il y a des densités de cervidés excessives." En principe, poursuit-il, la solution à ce problème, passe par le système des plans de tirs fixés par la Division Nature et Forêts en concertation avec les conseils cynégétiques. "Mais ce dialogue ne fonctionne pas. D’un côté, les chasseurs veulent obtenir de grands trophées de cerfs et ils pensent que pour y arriver il faut une population importante. De l’autre, la DNF a parfois une attitude inverse et souhaiterait réduire ces populations au minimum. Il faut absolument sortir de ce rapport de force en ouvrant ce débat aux représentants de la société civile qui en sont actuellement absents - à savoir les propriétaires, les agriculteurs et les environnementalistes -, de manière à créer un cadre moins conflictuel. Le cerf est un animal merveilleux qui a sa place dans le biotope ardennais, même s’il a logiquement un certain impact sur celui-ci. Il faut trouver un équilibre et corriger certains excès." En 2008, ajoute encore M. Snyers, une table ronde organisée sous l’égide du Conseil supérieur de la chasse par le ministre Lutgen avait abouti à une série de recommandations. "Mais depuis lors, rien n’a bougé."
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