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Enfouir à jamais les déchets nucléaires
Ph. Law.
Mis en ligne le 02/02/2010
Après un dernier weekend intensif de travaux et de rédaction, la conférence citoyenne réunie par la Fondation Roi Baudouin a présenté lundi son rapport sur la problématique de la gestion à long terme des déchets radioactifs de haute activité et de longue durée de vie. La cérémonie de remise du rapport au Parlement s’est déroulée à la salle des Congrès de la haute assemblée. Les 32 participants (16 Francophones et 16 Néerlandophones) ont bénéficié des éclairages d’une vingtaine de personnes ressources (qu’ils ont choisies sur une liste et d’horizon divers: universitaires, Greenpeace, parlementaires, etc.) durant trois weekends. Et pour eux, l’enfouissement des déchets hautement actifs dans une couche d’argile profonde est une option valable. "C’est un processus tout à fait intéressant et qui nous a permis d’apprendre beaucoup de choses sur la gestion des déchets. Le rapport tient compte de l’avis de chacun des participants à la conférence citoyenne. Nous espérons maintenant que nos conclusions seront prises en compte par les autorités", nous a commenté Magali Maréchal, une ressortissante d’Andenne, membre de la conférence.
Les participants à la conférence estiment que l’enfouissement des déchets doit être un processus réversible. Ainsi, en cas d’avancées notables dans la Recherche et Développement, il serait possible d’aller récupérer (sans danger ?) les déchets stockés pour les recycler sous d’autres formes d’énergie. Les citoyens souhaitent aussi que le processus de décision soit plus transparent et mieux soumis au contrôle public. Mais il faudra une modification du cadre financier et légal.
Selon nos informations, les questions des participants ont quelque peu désarçonné les personnes ressources parmi lesquelles figuraient notamment des experts d’autres nationalités (France, Pays-Bas, etc.). Ils n’auraient que très peu confiance en les électriciens et en appellent à une législation européenne. "La Belgique est un petit pays et toute seule, elle est déforcée par rapport aux autres États. Une harmonisation de la politique de gestion des déchets hautement toxiques au niveau européen donnera plus de poids à son message", a expliqué une autre participante. La conférence citoyenne a couté environ 330 000 € payés par l’Ondraf.
La prochaine étape du dossier sera la présentation au gouvernement fédéral, encore cette année, du Plan déchets que prépare actuellement l’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf). Ses dirigeants sont à l’initiative de la conférence citoyenne. Mais ils en ont confié la direction à la Fondation Roi Baudouin en raison de son expérience en la matière (lire interview ci-contre). Elle a déjà utilisé cette technique danoise pour donner la parole aux citoyens sur d’autres sujets, notamment la sécurité alimentaire, l’information des consommateurs, les tests génétiques ou encore l’avenir des neurosciences. Pour constituer son échantillon, la Fondation a envoyé environ 6 500 courriers.
Quant à l’enfouissement des déchets hautement radioactifs et de longue durée de vie, un laboratoire souterrain est actuellement en construction à Mol. Il devrait accueillir plusieurs futs de déchets à une profondeur de 225 mètres dans de l’argile de Boom. Cette couche géologique a la particularité stable et présente, d’après les experts, une grande capacité de retardement de la radioactivité. Par ailleurs, elle est plastique, ce qui lui confère aussi une grande capacité d’obturation en cas de secousses sismiques. D’autres pays ont aussi fait le choix de l’enfouissement comme la Suède et la Finlande qui ont choisi d’enterrer les déchets hautement toxiques dans des roches cristallines. Il reste maintenant au fédéral à apporter son soutien à l’option de l’Ondraf.
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