La Libre.be > Société > Planète > Article
voyager autrement
Les hôtels se mettent au vert
Myriam Leroy
Mis en ligne le 20/07/2010
Dans les chambres, l’écran n’est pas plat du tout. Et le minibar, carrément absent. Dans le lobby (en réalité, un salon), les napperons côtoient les voilettes, et les gravures botaniques flirtent avec un papier peint aux couleurs surannées. Et pourtant, sur le célèbre forum touristique TriAdvisor, il est cinquième sur 107 à Bruges.
C’est son charme désuet qui distingue l’hôtel Fevery des établissements hôteliers classiques, grosses chaines sans âme ou dortoirs sinistres. Son charme, mais aussi et surtout son écolabel. Un sigle - le fameux pissenlit formé par une tige et douze étoiles européennes - qu’il arbore fièrement sur sa façade depuis le mois de décembre dernier.
L’hôtel Fevery est le premier de Belgique à pouvoir se prévaloir d’une telle distinction, l’unique point de chute que l’on peut s’offrir avec des éco-chèques. Son propriétaire et gérant Paul Asselman a la quarantaine proprette. Rien à voir avec les clichés de baba-cool hirsutes la fleur aux dents qu’on imagine parfois derrière les initiatives vertes jusqu’au-boutistes. Et pourtant, il a tout donné pour l’obtenir, son fameux macaron. "Tout a commencé il y a trois ans, quand nous avons mis en place un toit vert - qui isole de la chaleur et du froid, et prévient les inondations. A ce moment-là, je me suis renseigné sur les labels écologiques, j’ai découvert l’écolabel européen, et j’ai postulé. J’étais le premier gérant hôtelier à le faire. Aujourd’hui, je sais que d’autres établissements s’y sont mis, mais qu’ils ne sont pas nécessairement conformes."
Pour obtenir l’estampille verte (qui porte sur quatre piliers : l’eau, l’énergie, les déchets et l’information), un hôtel doit respecter un certain nombre de normes obligatoires. Il doit par exemple contracter un abonnement à un fournisseur d’énergie verte, opter pour une isolation optimale et pour un débit d’eau réduit dans les sanitaires - "Un auditeur indépendant est venu vérifier tout ça, chronomètre en main !" Mais aussi, plus étonnant, proposer de la confiture en vrac et pas en portions individuelles au petit-déjeuner, ainsi que du Kwatta (un produit régional) plutôt que du Nutella.
Pour la salle de bain aussi, il faut du vrac : des grands contenants de shampooing encastrés dans le mur, à la place des petits sets de beauté que l’on trouve dans les hôtels de luxe.
A priori, certaines règles de l’écolabel entrent en contradiction avec celles qui président à l’attribution des étoiles. "Mais l’écolabel essaie de s’accorder avec les étoiles. Par exemple, nous avons l’interdiction de proposer des petits conditionnements dans la salle de bain parce que nous sommes un trois étoiles. Si nous avions une étoile de plus, les normes seraient plus souples." Paul Asselman doit également promouvoir la mobilité douce et vend donc des tickets de bus à 1,2 € contre 2€ dans le véhicule.
Au-délà des frais liés aux aménagements rendus nécessaires pour l’obtention du macaron écologique (travaux de robinetterie ), l’écolabel a également un cout direct. L’entreprise paie ainsi une redevance annuelle pour son utilisation, qui est fixée à 0,15 % (des réductions sont possibles) du volume des ventes annuelles du produit. Pour conserver le label, elle doit se conformer à chaque norme qui devient obligatoire dans une charte évolutive, et rendre annuellement un rapport de consommation d’eau et d’électricité.
Pas une sinécure que cette reconnaissance, donc. D’autant que Paul Asselman n’en a pas encore clairement vu les effets concrets sur sa clientèle. "On a bien eu un couple d’Italiens habitant un éco-village dernièrement, mais à part ça, on n’a rien remarqué de différent par rapport aux autres années depuis qu’on a l’écolabel. Mais il faut bien se rappeler que c’est la crise, et que ce serait peut-être pire sans."
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...