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mobilité
Vélos populaires
Grégoire Comhaire
Mis en ligne le 26/08/2010
C’est un petit boitier, à peine plus grand qu’une boite à tartine, quoique un peu plus lourd, que l’on place à l’avant de son vélo, un peu comme le moteur d’un Solex autrefois. Pour quelques centaines d’euros, et quelques heures de rechargement à la maison ou au bureau, il transforme la vie des cyclistes, et convertit les plus inconditionnels du volant en adepte du deux-roues, même pour se rendre au travail en costume ou en tailleur.
Ce boitier miracle, c’est le "Mottrix". Une invention 100% liégeoise, née dans l’atelier de Gilles Falisse il y a tout juste 10 ans, et conçu comme un petit moteur que l’on ajoute à son vélo pour le transformer en vélo électrique. Depuis son arrivée sur le marché il y a trois ans, il a déjà séduit plus de 1600 utilisateurs et commence à se faire un nom bien au-delà de nos frontières, à l’image d’ailleurs du succès phénoménal que connaissent les vélos à assistance électrique (VAE) partout dans le monde.
Inconnus voire inexistants jusqu’il a peu, les VAE commencent à faire leur apparition dans les grandes villes d’Europe. "Si leur succès est encore marginal en Belgique, on peut parler de véritable boom dans des pays comme l’Allemagne, l’Autriche et même la France" indique Eric Nicolas, secrétaire général du Gracq (Groupe de recherche et d’action pour les cyclistes quotidiens).
Qu’il s’agisse de vélos classiques équipés d’un kit Mottrix, ou d’un vélo tout neuf sorti de l’usine avec son moteur, tous ont en commun le fait de modérer l’effort fourni par le cycliste. "Le vélo à assistance électrique permet de parcourir de plus grandes distances" poursuit Eric Nicolas. "Il n’est pas rare de voir des usagers parcourir quotidiennement une distance de 30 km pour se rendre à leur travail, ce qui serait difficilement imaginable avec un vélo classique, à moins d’être très sportif. Avec un VAE, ça devient un déplacement normal."
En plus d’être un moyen de transport confortable, le vélo à assistance électrique a un véritable rôle à jouer dans dans la mise en place d’une politique de mobilité durable, estime Antoine Dechamps qui commercialise le Mottrix. "Certaines personnes redoutent d’abandonner leur véhicule car ils ne veulent pas arriver en sueur au travail. Pourtant ils arrivent stressés, après avoir passé une heure à manger leur volant dans les bouchons." Avec un vélo électrique, ces deux problèmes sont résolus.
"Les VAE n’entrent pas en conflit avec le vélo traditionnel" ajoute Eric Nicolas. Ils s’adressent notamment à un public qui ne serait pas cycliste si cette technologie n’existait pas. "Mais leur prix relativement élevé reste tout de même un frein important". Le secrétaire général du Gracq pointe ainsi du doigt les nombreuses primes gouvernementales qui existent pour l’acquisition de véhicules dits "verts" alors que rien de tel n’existe pour encourager l’achat de VAE.
Autre bémol, le bilan environnemental de ces vélos électriques, bien plus mauvais que celui des vélos traditionnels. En cause: les batteries, qu’il faut fabriquer, régulièrement recharger, et dont il faudra un jour songer à se débarrasser. "Mais qu’on ne s’y trompe pas" conclut Eric Nicolas. "Même si les batteries posent un problème certain, le bilan environnemental du vélo électrique reste toujours bien meilleur que celui des voitures en ville."
Savoir Plus
Mon petit vélo
Quelle jouissance! Lorsque j’ai proposé à un de mes collègues de faire l’ascension de la Citadelle de Namur à vélo, je ne lui avais pas annoncé que je venais de m’offrir un VAE. Mais il n’a pas mis bien longtemps à comprendre que mon "Vélo à Assistance Electrique" allait le laisser sur place et même le ridiculiser. De fait, je suis non seulement arrivé dix bonnes minutes au sommet de la Citadelle avant lui mais en outre, je n’étais ni en sueur, ni essoufflé. Miracle: la centaine de kilos que j’impose à ma bicyclette électrique n’est plus un obstacle. Voilà près de trois ans que je me suis converti (et que j’y ai converti mon épouse). Bien sûr, je n’ai pas maigri mais je fais à nouveau régulièrement de longues balades sur les pistes du Ravel ou d’ailleurs. La seule limite, c’est l’autonomie des batteries: un bon 40 kilomètres pour mon épouse mais un peu moins pour moi... C’est que plus on est lourd, plus on a besoin d’assistance et plus on consomme d’énergie. Bref, il est fréquent qu’une balade matinale soit interrompue à midi faute de courant... Mais ce n’est pas un énorme problème. Les batteries se rechargent en deux heures. Juste le temps de se taper un petit resto. Décidement, je ne maigrirai jamais avec ce vélo ! Y.C.
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