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Emissions de CO2
La compensation décolle
Grégoire Comhaire
Mis en ligne le 01/09/2010
Une chaudière au mazout pour survivre au froid polaire de l’hiver dernier : 8 tonnes de CO2. Une petite cylindrée pour aller travailler tous les jours et rentrer chez soi : 2 tonnes de CO2. Un city-trip à New York en amoureux : 5 tonnes de CO2... Difficile de maintenir son empreinte environnementale sous des seuils acceptables, quand le moindre déplacement, le moindre achat, voire le moindre geste quotidien implique quelque part la combustion d’une énergie fossile.
En Belgique, chaque habitant émet en moyenne 14 tonnes d’équivalent CO2 par an. C’est un peu moins qu’un Américain (20 tonnes) mais nettement plus qu’un Indien (2 tonnes) ou qu’un Congolais (0,5 tonne).
Ce constat, et l’urgence de trouver une solution pour freiner le phénomène du réchauffement climatique, conduit désormais un nombre croissant de citoyens à "compenser" une partie de leurs émissions. Un mécanisme simple qui consiste à financer, via un intermédiaire, le développement d’un projet permettant de séquestrer, ou d’éviter l’émission d’une quantité équivalente de CO2 à celle que l’on émet.
Exemple de projets : des unités de production d’énergie propre qui viennent remplacer des centrales aux énergies fossiles, l’installation de fours solaires dans des pays en voie de développement, des programmes de lutte contre la déforestation ou de séquestration du méthane dans les décharges publiques.
Depuis quatre ans, un certain nombre d’opérateurs actifs dans la compensation carbone ont fait leur apparition sur le marché belge. Parmi eux, l’entreprise "CO2logic", partenaire de plusieurs clients importants parmi lesquels on trouve les bureaux européens de l’ONU et plusieurs ministres fédéraux. Elle fut la première en Belgique à offrir un outil complet à destination des entreprises, qui va du calcul des émissions de CO2 à la compensation carbone proprement dite, en passant par le conseil visant à réduire au minimum ces émissions. "Avant toute chose, il est important de bien cibler les objectifs et l’activité de l’entreprise, explique Antoine Geerinckx, Project Manager chez CO2logic. Ce ciblage nous permet d’identifier avec précision les sources principales d’émissions de CO2 et de prodiguer les conseils adéquats pour réduire ces émissions à un seuil minimum." Si elle le désire, l’entreprise peut ensuite choisir de compenser les émissions restantes en finançant l’un des projets de développement d’énergie renouvelables de CO2logic en Inde, en Afrique du Sud ou en Equateur. Un choix qui lui permettra alors de revendiquer une activité économique totalement neutre en CO2.
"De nombreuses entreprises sont intéressées par nos services, poursuit Antoine Geerinckx. Elles en tirent avantage à plusieurs points de vue. En terme d’image d’abord, mais aussi en terme économique, puisque la réduction d’émissions de CO2 est directement liée à la réduction des couts énergétiques. Une politique de réductions d’émissions de CO2 permet, en outre, de renforcer l’esprit d’équipe parmi le personnel qui est souvent très motivé à participer à une telle démarche."
Attention toutefois à choisir des partenaires fiables pour compenser ses émissions. Car un intermédiaire n’est pas l’autre, et un projet de "séquestration carbone" ne signifie pas forcément qu’il compensera les émissions du client. "A peine arrivés sur le marché, nous avons vu arriver des concurrents qui proposaient à leurs clients de financer des projets qui n’avaient pas encore démarré", poursuit Antoine Geerinckx.
Un détail non négligeable puisqu’il n’offre aucune certitude que le projet se développera et permettra donc de compenser effectivement les émissions de gaz à effet de serre du client.
Des organismes de certification existent désormais au niveau international (notamment Gold Standard) pour s’assurer de la crédibilité des projets, et des intermédiaires. Et pour s’efforcer de garantir cette crédibilité dans notre pays, une charte initiée par Inter-Environnement Wallonie a été signée en 2009 avec les différents acteurs du secteur. "Cette charte est une très bonne chose pour permettre au marché de se développer", estime Antoine Geerinckx, tout en regrettant qu’aucun mécanisme fiscal ne permette, à l’heure actuelle, d’encourager les particuliers à compenser spontanément leurs émissions - par exemple celles de leur consommation annuelle de chauffage ou celles de leurs voyages en avion.
Pour les particuliers, la compensation carbone reste, en effet, une démarche relativement simple à effectuer. Seuls quelques clics sur le site Internet de CO2logic ou de l’un de ses concurrents suffisent. Au risque de se servir de ce mécanisme, en plein boom, pour éviter de réfléchir à son mode de vie et à comment réduire son empreinte écologique dans la vie de tous les jours.
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