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étude

Un intérêt réciproque enfant/dauphin

L. D.

Mis en ligne le 13/06/2007

Le matériel vidéo est pleinement exploitable et permet l'obtention de résultats quantifiables à partir de comportements objectivables.

Une minute de film équivaut à cinq minutes d'analyse en ce qui concerne l'animal (le dauphin) et à dix minutes pour l'homme (l'enfant). Sachant qu'il y a eu 150 heures de tournage, on excusera Marie Maurer, étudiante à l'Université Paris V de n'avoir pu communiquer une étude aboutie. Loin s'en faut. Ce sont, en fait, les premières analyses de résultats parcellaires et la validation d'une méthodologie, qu'a présentées, en son nom, Fabienne Delfour, docteur en éthologie cognitive.

La recherche de Marie Maurer tente de répondre à la question suivante : le dauphin représente-t-il "quelque chose de particulier" pour les enfants qui pourrait en partie légitimer son utilisation en thérapie ? Pour tenter de répondre à cette question, l'étudiante a filmé les séances de delphinothérapie auxquelles ont participé en septembre les onze enfants sélectionnés par Delphus. Ces séances seront ensuite analysées au moyen d'un programme informatique qui permet de coder les comportements émis (expressions faciales de l'enfant, direction des regards, position du corps, proximité avec l'animal, émissions sonores, gestuelle de l'enfant,...), d'en calculer les occurrences, les durées, les fréquences.

En attendant de pouvoir dresser les profils comportementaux de tous les enfants et de les comparer, l'analyse des premiers résultats pour un seul enfant fait apparaître un visage neutre, la plupart du temps. Sachant que la séance de delphinothérapie se décompose en dix minutes de nage avec les dauphins, suivies de dix minutes au bord du bassin avec le thérapeute et d'une seconde période dans l'eau, on remarque, chez cet enfant, davantage de sourires ébauchés et de rires lors de la seconde période de nage, laissant supposer une certaine familiarisation avec la situation, " sans rapport avec la présence de l'animal qui est moins importante que dans la première phase ", note l'éthologue, qui fait remarquer que 30 pc des regards de l'enfant sont dirigés vers l'animal. Et de souligner la présence d'indices d'intérêt réciproque entre l'enfant et l'animal (regards, tête, corps dirigés vers l'animal,...).

S'il est manifestement trop tôt pour se prononcer avec certitude et précision sur l'apport bénéfique de la delphinothérapie auprès des enfants souffrant de troubles du développement, tous les intervenants au colloque s'accordaient à reconnaître qu'il importe de poursuivre ces recherches. " Il faut aller de l'avant avec un esprit ouvert sans a priori mais avec rigueur, devait conclure la Princesse Esmeralda, nous disposons pour la première fois en Europe d'un matériel inexistant à ce jour. Nous avons commencé, il ne faut pas abandonner ."

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