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Un petit coup de fatigue printanière ?

Laurence Dardenne

Mis en ligne le 09/04/2008

Certains voient dans le changement de saison une explication scientifique à leur "coup de pompe". D'autres semblent plus sceptiques. Quoi qu'il en soit, la perception de la fatigue demeure très subjective.

Le printemps est là, paraît-il. Sous les gelées matinales, le gazon verdit et les bourgeons sortent. Pourtant, l'hiver se traîne et l'on ne se prive pas de bailler. Fatigue printanière, prétendent certains qui avancent des explications scientifiques. Et le rôle des hormones, de la sérotonine et de la mélatonine en l'occurrence. Après les longues et sombres journées d'hiver, le corps est en manque de sérotonine (hormone du bonheur) entraînant une humeur plutôt dépressive et de l'apathie.

Autre phénomène avancé pour autant que les températures s'avèrent effectivement printanières, l'influence sur la dilatation des vaisseaux sanguins qui, de contractés en hiver, ont tendance à se dilater avec la chaleur. Des changements qui nécessiteraient une adaptation et qui entraîneraient vertiges et faiblesses chez certains. Plus riche en graisses et à la fois plus carencée en vitamines pendant l'hiver, l'alimentation serait également responsable du manque d'énergie à cette saison.

Alors, mythe ou réalité, la fatigue printanière. Pour le Pr Jean-Luc San Marco, à l'origine du Centre d'exploration de la fatigue à Marseille, " nous sommes tous confrontés à des périodes de fatigue auxquelles nous essayons par la suite de donner à tout prix une explication. La plus connue qui soit liée à la chronologie est la fatigue de fin d'automne que l'on attribue notamment à la baisse de la luminosité ".

Quant à définir plus précisément la fatigue, on pourrait dire que c'est "une incapacité à l'effort. C'est donc un sentiment très bénéfique lorsqu'il faut mettre le corps au repos, mais qui devient excessif quand il ne s'explique plus par l'effort consenti et qu'il ne diminue pas au repos qui le suit. Cela reste très subjectif. Il y a une espèce de conception un peu régimentaire de notre société selon laquelle on devrait être en pleine forme dès que le réveil sonne le matin. Or non, il y a des moments où la fatigue peut surgir sans qu'il faille pour autant y trouver une explication".

Une difficulté d'adaptation

Le changement de saison ne serait donc pas une raison de sentir davantage fatigué ? " Il est vrai que cette période nécessite des adaptations, poursuit ce médecin, de là à en faire un cadre, nosologique bien précis, j'ai des réticences. Il est sûr que, après l'hiver, on sort d'un certain équilibre pour en retrouver un autre qui se traduit par des modifications de la lumière, du temps, des températures, des habitudes alimentaires... Plus que de fatigue saisonnière, en l'occurrence printanière, je parlerais de difficulté d'adaptation à notre environnement, lequel n'est pas aussi fixe qu'on voudrait bien le croire."

Et quel est le rôle des médiateurs, comme la lumière ou l'alimentation ? "Ils sont présents, en effet, r épond le Pr San Marco , mais pourquoi s'adapte-t-on moins bien à certains moments et que l'on se sent une pêche d'enfer à d'autres ? Je pense que l'homme a une grande faculté d'adaptation, mais que c'est davantage une volonté ou une non-volonté à s'adapter qui fait la différence."

A la question de savoir si les vitamines ou une cure de détox sont nécessaires, la réponse es t "nécessaires, non, mais agréables. Et, sans rire, c'est très important, les choses agréables".

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