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Pandémie grippale : vaccins pour tous
Laurence Dardenne
Mis en ligne le 18/04/2008
Depuis le temps où on l'attend, ou plus exactement où on la redoute, la pandémie grippale, qui resurgit à ses heures selon les humeurs médiatiques, n'a plus vraiment mobilisé l'attention récemment. Pourtant, la menace persiste, sachant qu'une pandémie arrive en moyenne tous les 30 ans, environ, et que la dernière date de 1968-69. Sachant aussi qu'elle pourrait affecter en 3 à 4 mois entre 20 et 30 pc de la population pendant environ 10 à 14 jours. Si nul ne sait bien évidemment où et à quel moment elle va se déclencher, encore faudra-t-il être paré pour l'affronter.
C'est ainsi qu'une décision capitale vient d'être prise : en l'occurrence, dégager un budget de 157,5 millions d'euros pour constituer un stock de vaccins destiné à couvrir toute la population belge. La demande d'achats de vaccins prépandémiques, qui a été introduite par le Comité scientifique du Commissariat influenza auprès de la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, pour être défendue en conclave budgétaire, a donc reçu un écho favorable.
Dès l'annonce d'une pandémie, il est ainsi prévu que l'ensemble de nos concitoyens puissent être vaccinés endéans les deux semaines.
À titres préventif et curatif
Fin 2005, un plan opérationnel pour la gestion d'une pandémie influenza dans notre pays a été mis en place.
A l'heure actuelle, nous disposons en Belgique d'un stock stratégique de médicaments antiviraux, calculé pour pouvoir prendre en charge 30 pc de la population dans une optique curative. Un stock de 32 millions de masques chirurgicaux est également prévu afin d'éviter la transmission du virus par les personnes infectées, de même que 6 millions de masques FFP2 destinés à protéger le personnel soignant.
Si la décision a été prise de passer à l'acquisition de vaccins à titre préventif, c'est qu'à présent, on dispose de nouveaux vaccins prépandémiques ayant démontré une efficacité nettement supérieure à ceux de la première génération.
"L'arrivée de ces candidats vaccins avec adjuvant (NdlR : produit ajouté pour renforcer l'action thérapeutique) , donnant, d'après les tests, une meilleure réponse, surtout au niveau de l'immunité croisée, a justifié le fait de libérer un tel budget", nous explique le Dr Sophie Maes, membre du cabinet de la Santé publique. Sur avis du comité scientifique du Commissariat influenza, il est prévu d'acheter, d'une part, un vaccin prépandémique qui sera le plus proche du virus probable en cas de pandémie. Tenant compte de la date de péremption, on prévoit de renouveler l'antigène qui est valable pour une durée de trois ans, alors que l'adjuvant l'est pour une durée de cinq ans. L'un et l'autre seront donc stockés séparément. Par ailleurs, dans les contrats à conclure avec les firmes pharmaceutiques, est également incluse la commande pour une deuxième dose de vaccin pandémique, c'est-à-dire à fabriquer dès le moment où la pandémie se déclarera et à livrer le plus rapidement possible".
Quant à l'organisation pratique de la vaccination, des plans sont à l'étude afin de définir la manière optimale de procéder. Des campagnes de vaccination de la population entière, sans public prioritaire, dans les plus brefs délais - soit maximum deux semaines - sont d'ores et déjà prévues.
"Une fois que la pandémie aura été déclarée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les autorités belges étudieront son évolution vers la Belgique et le centre de crise ainsi que les scientifiques choisiront le moment le plus opportun pour procéder à la vaccination", nous explique encore le Dr Maes.
Des stratégies relativement similaires, tout en étant légèrement différentes, ont également été mises en place dans les pays voisins.
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