Abonnez-vous a La Libre Belgique

Planète

La France hisse beaucoup le "Pavillon bleu". Mais pas partout

Bernard Delattre

Mis en ligne le 12/06/2009

Le cru 2009 de cette distinction annuelle a beau être "extrêmement satisfaisant", de gros problèmes subsistent.
Correspondant permanent à Paris

Le "Pavillon Bleu" est à la plage ce que les palmes de Cannes sont au cinéma et les étoiles du Michelin à la gastronomie. C’est un label qui, chaque été lorsqu’il est décerné, suscite l’effervescence dans les milieux professionnels concernés : municipalités et offices du tourisme. Créé en 1985, il est piloté par la Fondation pour l’éducation à l’Environnement (EEE), une ONG qui opère ce programme dans 37 pays. Ce label ne distingue pas seulement la qualité des eaux de baignade des municipalités lauréates. Il embrasse une série de critères permettant de s’assurer que les localités récompensées pratiquent une politique transversale de l’environnement : de la propreté des plages à la gestion des déchets en passant par les infrastructures de transport ou les efforts d’éducation à l’environnement des estivants.

Même si le bilan européen est, lui, plus mitigé (lire en page 2), le cru 2009 de ce "Pavillon bleu", qui a été rendu public récemment, est jugé "extrêmement satisfaisant" par la direction d’EEE. La récompense a été octroyée à 106 communes représentant au total 310 plages des littoraux atlantique et méditerranéen. Les départements de l’Hérault et du Var se détachent en tête par le nombre de communes labellisées. Parmi les nouveaux lauréats, figurent des villes comme Toulon, Etretat, Orléans et Pont-l’Evêque. Ainsi que Nice, qui revient dans le classement après plusieurs années d’absence. Elle qui, vexée de ne pas avoir été labellisée, avait fait cavalier seul pendant des années en s’auto-décernant un "fanion bleu" : ersatz du pavillon du même nom, basé sur des critères moins stricts. Cassis, Port de Bouc et Fos sur Mer, qui avaient perdu leur pavillon en 2008, le retrouvent cette année. Marseille ne s’est pas porté candidate.

Le caractère "extrêmement satisfaisant" de ce millésime ne devrait évidemment pas inciter à penser que le littoral et/ou les cours d’eau de France ne connaissent aucun problème environnemental. L’actualité, d’ailleurs, se charge très souvent de venir le rappeler. Ainsi, dernièrement, le gouvernement a dû annoncer une batterie de mesures d’urgence pour traiter le grave problème de pollution par les PCB, plus connus sous le nom du pyralène, qui affecte le Rhône et d’innombrables cours d’eau. Quant à l’association environnementale "Robin des Bois", elle a recensé entre 2004 et 2007, au-delà des marées noires et drames écologiques médiatisés, 561 pollutions (fuites de citernes, voitures accidentées, dégazages sauvages, etc.) ayant affecté les eaux intérieures de France. Un pays où "il y a un je-m’en-foutisme qui assimile les rivières à un égout".

En matière d’eaux maritimes, l’association "Surfrider" a calculé que si on appliquait dès aujourd’hui à la France les normes européennes (plus sévères) auxquelles elle devra se conformer d’ici à 2015, 20 % des plages de l’Hexagone devraient être déclassées et 33 plages de l’Atlantique et des Antilles être interdites à la baignade. Du reste, plusieurs stations balnéaires fameuses de la Côte d’Azur, en attendant d’être raccordées à l’égout ou de disposer d’une station d’épuration, continuent de rejeter leurs eaux usées en Méditerranée. Un problème auquel, l’été dernier, le Président Sarkozy en personne a été confronté, dans le lieu de villégiature de la famille de son épouse.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page