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Planète
Le laitier du 21e siècle
Gilles Milecan
Mis en ligne le 25/06/2009
Jusqu’à la fin des années 90, le seul modèle de livraison de colis était celui de la tournée du laitier." Lorsque Peter Henderickx, directeur général de Kiala Benelux, entame son préabule à la présentation de l’étude menée par la VIL (Vlaams Instituut voor Logistiek) sur les modèles de livraisons des colis, l’image est nette pour tout le monde, même si les laitiers ont des tournées bien moins fréquentes qu’au milieu du 20e siècle. Le livreur trace un parcours en fonction des adresses de ses clients et leur remet leur colis.
S’il est encore envisageable de placer sur le pas de la porte un litre de lait sans risquer que des mains malveillantes s’en empare, l’enjeu n’est pas le même pour la plupart des biens de consommation désormais disponibles en vente à distance. En découlent l’obligation de présence pour le récipiendaire et, en cas d’absence, la nécessité d’un nouveau passage ou d’un déplacement vers un dépôt central.
Le modèle développé par Kiala depuis 2001 est, naturellement, basé lui aussi sur une tournée mais en élimine les inconvénients majeurs. En déposant les colis dans des commerces de proximité, la contrainte d’être présent au moment de la livraison disparaît. Le client se rendra quand son emploi du temps s’y prête le mieux à l’épicerie, la librairie ou la station-service. Pour le livreur, c’est aussi la garantie de retour à vide à son point de départ.
Sur le plan environnemental, ce mode de fonctionnement induit un nombre plus limité de kilomètres parcourus puisque le nombre de destination est réduit grâce à la concentration géographique des livraisons dans un quartier.
Et la distance entre le domicile et le commerce, observeront les plus attentifs? L’étude montre que l’impact de ces déplacement est fort limité puisque dans la plupart des cas (61 %), la collecte se fait sur le chemin vers ou au retour d'une autre activité. Seulement 15 % des collectes nécessitent un détour. Ce qui s’explique par la densité du réseau de commerces dépositaires. Selon l’étude de la VIL, la distance moyenne parcourue pour récupérer les colis est de 1,5 km. Les transports en vélo et à pied sont exclu de ce dernier calcul , alors que les collectes faites à vélo représentent tout de même 19 % du total.
L’étude conclut que le modèle "livraison à domicile" présente un taux moyen d’émission de 1 190 grammes de CO2 par colis. Le modèle "point de livraison" limite les émissions à 470 grammes par colis et ce sans même tenir compte du taux d’absence des destinataires. Une réduction de 60 % d’émissions donc. Soit, pour Kiala, une économie de 5 000 tonnes de CO2 par rapport au modèle traditionnel. Une réduction qui est plus importante encore lorsque le client décide de se rendre à pied ou à vélo au point de dépôt. "Si l’utilisateur final adapte son comportement, la réduction d’émissions peut atteindre 81 %", conclut l’étude.
La densité de population et le taux de pénétration d’Internet dans les ménages sont deux facteurs facilitant le développement d’un réseau de livraison B2C (business to consumer, "du commerçant au consommateur"). Deux facteurs pour lesquels la Belgique présente des chiffres plus haut que la moyenne européenne puisqu’elle recense 344 habitants par km2 et un accès à Internet pour 67,3 % de la population.
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