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Enquête
Le piètre état de santé des Belges
Laurence Dardenne
Mis en ligne le 17/03/2010
Enquête de santé, quatrième ! Après celles de 1997, 2001 et 2004, voici l’édition 2008 dont le premier rapport vient d’être diffusé. Intitulé état de santé, il porte tant sur les problèmes physiques que mentaux ainsi que sur les conséquences qui en découlent sur le plan fonctionnel. Pour cette enquête, réalisée à l’initiative des autorités en charge de la santé, 11 254 personnes vivant en Belgique ont été interrogées à leur domicile au moyen d’une interview structurée. Etat des lieux.
1 Santé subjective.
Reprenant plusieurs dimensions de la santé (physique émotionnelle et sociale), cette mesure s’effectue en demandant aux individus d’évaluer leur propre état de santé sur une échelle comportant cinq niveaux allant de "très bonne" à "très mauvaise". On considère que l’évaluation subjective constitue l’un des meilleurs indicateurs de santé. Verdict : plus d’une personne sur cinq déclare être en mauvaise santé (23 % de "moyen" à "très mauvais"); davantage de femmes (25 %) que d’hommes (20 %). Si l’on se doute que le pourcentage augmente avec les années, on ne sera pas non plus étonné de constater qu’une mauvaise santé est déterminée par le niveau social. Ainsi les personnes ayant un faible degré d’instruction déclarent-elles plus souvent être en mauvaise santé. Quant aux différences géographiques, on semble généralement plus satisfaits au nord qu’au sud du pays. Par rapport aux précédentes enquêtes, si l’on tient compte du fait que la proportion de personnes âgées est plus élevée, on peut considérer que l’état de santé de la population s’est légèrement amélioré.2 Affections chroniques.
Problèmes du bas de dos en tête, arthrose, allergies, hypertension artérielle, problèmes au niveau de la nuque, diabète, céphalées, arthrite rhumatoïde, séquelles permanentes d’un accident, asthme, ostéoporose, troubles thyroïdiens les maladies chroniques touchent plus d’un habitant sur quatre (27 %). Si seuls 9 % des enfants de moins de 15 ans sont concernés, ils sont 60 % des plus de 75 ans dans ce cas. Quels que soient les âges, les affections chroniques sont plus souvent rapportées par les femmes que par les hommes, à l’exception des séquelles d’accident ou des maladies des coronaires. Par rapport à l’enquête 2004, le nombre de personnes affectées a sensiblement augmenté, le vieillissement de la population en étant la principale explication. Asthme, affections pulmonaires chroniques et ulcère de l’estomac sont plus fréquents chez les personnes vivant en ville.3 Limitations.
En raison de leur maladie, quatre personnes sur dix disent éprouver des difficultés de degrés divers dans l’exécution de leurs activités de base, comme marcher, monter ou descendre les escaliers, ou alors au niveau de la vision ou de l’audition. Une personne sur dix est limitée dans ses activités quotidiennes comme s’habiller, prendre un bain4 Douleur physique.
Une fois encore, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à éprouver des douleurs physiques. Pour ce qui est de souffrir d’une douleur intense, elles sont 15 % contre 8 % chez leurs contemporains masculins. A divers degrés d’intensité, la moitié de la population adulte se dit gênée par la douleur physique. Le score apparaît également plus élevé en zone urbaine.5 Santé bucco-dentaire.
Il ressort de l’enquête qu’une partie importante de la population a une mauvaise santé bucco-dentaire : si 12 % de la population de 15 ans et plus ne possèdent plus sa propre dentition naturelle (dont 7 % des 45-54 ans), ils sont 13 % à éprouver des difficultés à mastiquer des aliments durs et 35 % à porter une prothèse. On sera sans doute aussi surpris d’apprendre que la moitié de la population, seulement, déclare se brosser les dents au moins deux fois par jour. Autant dire qu’en réalité, ils sont encore moins nombreux.6 Etat nutritionnel.
Que le Belge est trop gros n’est pas un scoop. L’enquête le confirme : près de la moitié de la population présente une surcharge pondérale : 33 % sont en surcharge et 14 % sont obèses. Une tendance à l’excès de poids plus marquée chez les hommes (54 %) que chez les femmes (40 %). En revanche, au niveau de l’obésité, ils pèsent autant l’un que l’autre dans la balance. Plus alarmant que tout : 18 % des jeunes âgés de 2 à 17 ans souffrent de surpoids. Particulièrement touchée, la tranche d’âge entre 5 et 9 ans : 22 %, dont à peu près autant de filles que de garçons.7 Bien-être psychologique.
Inquiétant encore : un quart de la population éprouve un sentiment de mal-être alors que 14 % se disent aux prises avec des difficultés mentales plus sérieuses. Les femmes (30 %) sont davantage touchées par cet état de mal-être psychologique que les hommes (22 %). Près d’un jeune sur trois âgé entre 15 et 24 ans est en détresse psychologique, un malaise qui touche dans une moindre mesure les habitants de la Région flamande, même si là comme en Région bruxelloise, il a augmenté par rapport à 2004, alors qu’il reste stable en Région wallonne.8 Troubles émotionnels.
Près d’un répondant sur dix dit traverser un épisode dépressif (chez 13 % des femmes et 6 % des hommes). Voilà encore matière à sérieusement s’inquiéter !
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