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Cancer

Les chercheurs en cancérologie renfloués

Laurence Dardenne

Mis en ligne le 26/08/2010

La Fondation contre le cancer vient d’allouer une enveloppe supplémentaire de 5,4 millions d’euros. Pour financer l’acquisition d’appareillage de pointe.

A défaut de scientifiques talentueux et d’appareillages de pointe, pas de recherche médicale. Or, sans recherche, aucun espoir d’un jour arriver à combattre un fléau comme le cancer. Des chercheurs de haut niveau, voire au top international, notre pays en dispose. On ne peut pas toujours en dire autant des équipements mis à disposition des chercheurs, des médecins et, in fine, des patients.

Faisant du financement de la recherche une priorité, considérant que des investissements urgents doivent être consentis en la matière “si l’on ne veut pas rater le train en marche”, mais également bien consciente que les subsides de l’Etat s’avèrent insuffisants en la matière, la Fondation contre le cancer (FCC) consacre régulièrement des fonds considérables au financement de la recherche oncologique. Ainsi tous les deux ans sélectionne-t-elle les projets les plus prometteurs, leur octroyant une enveloppe globale de 10 millions d’euros.

Cette fois, grâce à un legs exceptionnel d’un montant de 4,5 millions d’euros, qu’elle a complété, la Fondation allouera une enveloppe supplémentaire, soit non moins de 5,4 millions d’euros dédiés au financement de plateformes techniques et d’équipements technologiques de pointe destinés aux équipes scientifiques de sept universités belges. L’acquisition de ces appareillages de dernière génération devrait accélérer la compréhension des mécanismes responsables du développement des tumeurs et, de ces découvertes, découleront forcément des résultats cliniques profitables pour les patients.

Mercredi, la FCC a donné à plusieurs équipes de chercheurs sélectionnées l’occasion de présenter leur projet. Aux titres évocateurs comme “Sur la route d’une nouvelle classification des cancers”; “Tumeurs : la traque aux différences”; “Cancer du sein : à chaque malade son traitement”; “Sur la piste du rôle des cellules souches et l’inflammation”; “Au cœur des mystères des cellules cancéreuses” ou encore “Des clés pour ouvrir les cellules”, les projets retenus recevront chacun une somme pouvant aller jusqu’à près d’un million d’euros. S’il est prévu que les équipes mettent en place les nouveaux équipements le plus rapidement possible, les premiers résultats sont, eux, attendus dans les trois prochaines années.

Ces nouveaux outils de recherche donneront un coup d’accélérateur à la recherche oncologique dans notre pays, a souligné à cette occasion le Dr Didier Vander Steichel, directeur médical et scientifique de la Fondation, pour les patients, ils signifient, à terme, un diagnostic plus précis, un traitement plus efficace et sur mesure et une meilleure qualité de vie”.

, “à l’avenir, le cancer de chaque individu sera différent”, a renchéri le Pr Miikka Vikkula, du laboratoire de génétique moléculaire humaine, Institut de Duve, venu présenter le projet de l’UCL, intitulé “Les dernières séquences ?”, en l’occurrence une plateforme de séquençage à haut débit pour l’analyse du génome, du transcriptome et de l’épigénome d’échantillons tumoraux. “Pour parvenir à mettre au point des traitements sur mesure, poursuit le chercheur, il faut continuer à mieux comprendre les altérations qui, au sein des tumeurs, affectent les gènes et leur ADN”. C’est précisément à ce niveau qu’un séquenceur à haut débit se révèle indispensable. Grâce à cet appareillage, les chercheurs pourront analyser les millions de nucléotides – dont la répétition forme le génome – de manière plus précise, plus rapide et moins onéreuse que ce n’est actuellement le cas. Les cancers hématologiques et colorectaux, ceux du sein, de la tête et du cou, les tumeurs cérébrales pédiatriques ou encore les mélanomes, sont autant de pathologies étudiées dans le cadre de ce projet. “A terme, il s’agit de proposer une médecine plus personnalisée aux patients souffrant de ces cancers, avec des traitements sur mesure, a encore expliqué le Pr Vikkula, ces recherches devraient en effet déboucher sur l’identification de nouveaux marqueurs tumoraux prédictifs de la réponse aux traitements, ce qui permettra une sélection plus pointue des patients pouvant bénéficier de tel ou tel traitement”. Par ailleurs, le probable repérage de nouvelles cibles thérapeutiques pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements.

© La Libre Belgique 2010

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Au cœur des mystères des cellules cancéreuses

Interactomique. Entre autres projets présentés, mercredi, à la Fondation contre le cancer, citons celui qui a été introduit par l’Université de Liège. Intitulé "Au coeur des mystères des cellules cancéreuses", ou plus scientifiquement "Etude des interactions moléculaires au sein de la cellule cancéreuse et identification de nouvelles cibles moléculaires thérapeutiques pour les traitements ciblés", il concerne une future plateforme "interactomique".

Mais encore ? "En cancérologie, les médicaments ciblés ont signifié un vrai progrès, explique le Pr Franck Dequiedt, responsable du projet, mais pour aller plus loin et dépasser les limites actuelles, il faut parvenir à comprendre l’ensemble des fonctionnements et des interactions qui, dans la cellule cancéreuse, mènent du gène à la protéine, ainsi que les interactions des différentes protéines. Mais il s’agit aussi d’identifier les protéines qui jouent le rôle de traits d’union entre les différentes voies métaboliques".

A l’heure actuelle, il est établi que le processus de cancérisation ne se limite pas à des anomalies au niveau de l’ADN de certains gènes. On sait que d’autres perturbations intervenant dans le processus cancéreux se produisent dans l’environnement moléculaire.

Comment les chercheurs comptent-ils s’y prendre pour mener à bien leur étude ? Ils focaliseront leurs travaux sur l’identification des réseaux d’interaction (ensemble d’associations physiques entre des protéines) pouvant être perturbés dans la cellule cancéreuse suite à des perturbations quantitatives ou qualitatives (mutations, fusions ) de l’expression de protéines. Les chercheurs dresseront une cartographie des interactions moléculaires qui pourra servir de référence à leurs confrères souhaitant tester leurs hypothèses et évaluer in vitro (c’est-à-dire en laboratoire) de nouveaux médicaments anticancéreux.

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