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A chaque malade, son traitement personnalisé du cancer du sein

L.D.

Mis en ligne le 26/08/2010

“On ne peut plus envisager le cancer du sein comme une maladie homogène”, explique le Dr Christine Desmedt.

Individualiser le traitement du cancer du sein grâce à une meilleure connaissance de la biologie de la maladie, tel est l’objectif aujourd’hui poursuivi par les chercheurs dans le domaine du cancer du sein.

"La réponse passe par un appareillage permettant d’étudier les gènes et leur environnement immédiat", explique le Dr Christine Desmedt, chercheur au Laboratoire J-C Heuson de Recherche translationnelle en cancérologie mammaire, à l’Institut Jules Bordet, dans le cadre de l’un des deux projets présentés par l’ULB, coordonné au niveau de l’épigénétique par le Dr François Fuks et intitulé "Individualisation des traitements des cancers du sein grâce à une analyse génétique et épigénétique".

"Tous les oncologues se rendent compte de manière journalière que les outils utilisés actuellement ne sont plus suffisants, explique le Dr Desmedt, deux patientes de même âge, présentant une tumeur de taille identique peuvent évoluer de manière totalement différente; l’une pourra rechuter très vite et l’autre pas. On ne peut expliquer ceci avec les critères qui sont évalués de manière routinière. De même, deux patientes avec des cancers aux caractéristiques similaires ne répondront pas forcément de manière identique à un même traitement".

Ces constatations ont amené les chercheurs à "aller voir plus loin", notamment en se penchant davantage sur la biologie. Au cours de la dernière décennie, cette approche se limitait à étudier un gène, une ou deux protéines en fonction des limitations technologiques mais également des connaissances scientifiques, le génome humain n’étant pas encore séquencé.

Les récentes évolutions ont toutefois permis de développer de nouvelles technologies capables de réellement interroger et étudier la biologie du cancer du sein. Et donc d’analyser tous les gènes impliqués.

"En comparant les ressemblances et différences propres à divers cancers du sein, on a pu établir quatre groupes principaux. De là, les chercheurs ont estimé que l’on ne pouvait plus envisager le cancer du sein, comme une maladie homogène, mais bien comme plusieurs pathologies biologiquement différentes", poursuit la chercheuse.

"De grands progrès ont déjà pu être réalisés grâce aux puces à ADN, souligne-t-elle encore , elles ont permis d’établir une nouvelle classification de la maladie avec des sous-groupes différents en terme de biologie, mais aussi d’identifier des signatures dites pronostiques permettant bien mieux que les critères utilisés actuellement de définir quelle patiente est à haut risque ou à bas risque de rechute et enfin d’identifier selon les caractéristiques biologiques quelles patientes vont répondre ou être résistantes aux différents traitements donnés contre le cancer du sein". Le choix du traitement repose sur l’évaluation concomitante des facteurs de risque de rechute de la maladie (facteurs pronostiques) ainsi que de la probabilité de réponse aux traitements disponibles (facteurs prédictifs).

Le financement apporté par la Fondation devrait permettre de s’élever à un niveau supérieur de la biologie, au-delà des sous-groupes actuellement définis. L’acquisition d’une plateforme permettra d’étudier l’épigénétique et de compléter l’information déjà disponible en matière de pronostics et de facteurs prédictifs.

"Par ailleurs, il est important de noter que toutes les études jusqu’ici réalisées avec les puces ADN l’ont été à partir de prélèvements congelés qui ne sont pas disponibles pour toutes les patientes. La plateforme permettra d’étudier ces profils génétiques sur du matériel paraffiné qui constitue le standard de conservation pour les tumeurs dans tous les hôpitaux", précise encore le Dr Desmedt.

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