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nutrition

Alimentation "intuitive" et alimentation "réflexive" : le match

Mis en ligne le 28/08/2010

Manger ce dont on a envie ou ce que la science nous dicte ?

Pour Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire, le plaisir de manger est nécessaire. Au-delà des systèmes purement physiologiques, se restaurer consiste à restaurer à la fois son corps et son psychisme. Manger normalement implique une relation d’amour avec les aliments, c’est se faire du bien et augmenter son estime de soi à chaque prise alimentaire.

Le contrôle inconscient et la motivation des comportements alimentaires s’apparentent à un "bricolage" de l’organisme pour satisfaire nos différents besoins. Ceux-ci correspondent aux besoins énergétiques, à la "faim" d’aliments plaisants ou encore à la nécessité de se protéger contre des états émotionnels douloureux.

"N’hésitons pas, dit-il, à nous octroyer des plaisirs alimentaires pour pacifier nos émotions. Mais, si le besoin se fait répétitif, il convient de considérer qu’il s’agit d’un problème de fond auquel il faudra trouver d’autres formes de réponses". Pour lui, deux conceptions de l’acte alimentaire s’opposent. Et ceci correspond effectivement à ce qui transparaît dans les comportements alimentaires de l’homme moderne.

D’une part, une "alimentation intuitive" dans laquelle on mange par plaisir, et nos conduites alimentaires sont guidées par les signaux émis à cet effet par notre organisme. Manger sans plaisir aboutit à des dérèglements du comportement alimentaire. D’autre part, l’"alimentation réflexive", où, faisant fi des signaux corporels, on ne se repose que sur la science qui nous dicte ce que nous devons manger pour être en bonne santé et prendre soin de notre corps. C’est l’alimentation organisée dans la tête qui peut aussi amener à des perturbations du comportement, caractéristiques de l’orthorexie, cette minutie obsessionnelle à respecter les dictats des recommandations nutritionnelles. Le plaisir est, dans ce cas, emprisonné dans le "diététiquement" correct.

Il est clair que, dans les deux conceptions, l’attention reste au centre du comportement, mais l’objet en est différent. Dans un cas, elle porte sur les règles externes et on oublie son intériorité, dans l’autre, à l’inverse, elle laisse la priorité aux sensations et émotions internes. Le match qui les oppose ne se dispute peut-être pas et, dans l’acception anglaise du terme, on peut gager que c’est un doux mélange des deux qui assure l’équilibre

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