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Pénurie de médicaments dans les hôpitaux
Retour à la normale chez GSK
Frédéric Chardon
Mis en ligne le 28/08/2010
Fin juillet, "La Libre" révélait qu’en raison d’une grève totale de trois semaines au centre logistique français du géant pharmaceutique GSK (GlaxoSmithKline), les hôpitaux belges connaissaient une sérieuse pénurie de médicaments produits par cette firme. Cette plateforme, située à Evreux, est en effet la plaque tournante de GSK vers les marchés français, néerlandais et belge.
Plus précisément, certains pharmaciens hospitaliers s’inquiétaient de la dangereuse diminution des stocks de Tracrium (anesthésique utilisé en salle d’opération), d’Hycamtin (un anticancéreux) ou encore d’Integrilin (thromboses, infarctus du myocarde). La situation la plus critique semblait concerner l’Augmentin injectable (un antibiotique très puissant utilisé pour les infections graves).
Bonne nouvelle : la production de GSK est aujourd’hui revenue à la normale et l’entreprise située à Rixensart a recommencé à livrer normalement les établissements hospitaliers.
Cette information est confirmée par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) et par quelques acteurs "de terrain" contactés hier par "La Libre".
Toutefois, fort critiquée pour son manque de réaction dans cette crise et pour le peu d’information donnée aux pharmaciens, la société anglo-saxonne veut éviter qu’une telle situation ne se reproduise à l’avenir. "Les dirigeants de GSK se rendent compte que la situation peut se répéter et ils prennent des précautions", explique la porte-parole de l’AFMPS.
Comment faire pour éviter un autre couac ? En augmentant les réserves de produits en Belgique, tout simplement. Dans ce but, GSK a introduit auprès de l’AFMPS une demande d’extension de son site de stockage situé à Erembodegem (Alost).
Par ailleurs, GSK a également demandé à l’Agence fédérale une augmentation du nombre de distributeurs autorisés à livrer ses produits pharmaceutiques.
"Ces démarches étaient déjà en cours avant les évènements de juillet", précise Denis Hello, le directeur général de GSK Pharma en Belgique. "GSK avait déjà pris des mesures pendant les problèmes de livraisons, ajoute-t-il, et nous sommes en train d’analyser ces dysfonctionnements avec nos clients. Notamment afin de mieux gérer les choses à l’avenir."
La question qui fait mal : GlaxoSmithKline va-t-il accorder des compensations commerciales aux hôpitaux pour les gros inconvénients connus cet été ? "C’est le genre de choses que l’on ne communique pas à la presse, mais on fera tout ce qu’il faut pour que personne ne se sente pénalisé après ces événements", déclare Denis Hello. Traduction : il pourrait bien y avoir un "geste" de GSK, mais ce délicat dossier semble encore à l’examen.
Pour rappel, même le "plan B" mis en place par GSK pour pallier la pénurie avait mécontenté les hôpitaux A savoir : assurer des livraisons de produits calculées sur la base de la moyenne de la consommation des services pharmaceutiques sur trois mois, en attendant un retour à un approvisionnement normal. Les besoins les plus urgents devaient toutefois être satisfaits.
Face à cette solution temporaire, certains établissements (le CHU de Liège, par exemple) avaient carrément dit non et exigé que leurs commandes soient honorées intégralement.
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