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Le cancer du sein encore mieux pris en charge
Laurence Dardenne
Mis en ligne le 01/04/2011
Des pompes à morphine, un appareil d’hémofiltration, du matériel anti-escarres, des pompes ambulatoires à chimiothérapie, un appareil de macrobiopsie et, à présent, un Faxitron. Ce sont là quelques-uns des équipements médicaux dont ont bénéficié, depuis 1998, divers hôpitaux du pays, de Baudour à Bruxelles, en passant par Charleroi. Et cela, grâce au travail d’une équipe de motivé(e) s réuni(e) s dans l’ASBL "Les amis de Thierry".
Thierry d’Aubreby n’avait que 31 ans lorsqu’un jour d’été 1997, prit fin son combat de quatre ans contre le cancer. Avec le soutien des parents du jeune homme, ses amis hockeyeurs et tennismen au Royal Racing Club de Bruxelles ont alors décidé de poursuivre, à leur façon, le combat de Thierry. Par des actions concrètes, ils ont voulu venir en aide aux patients atteints de cancer. L’idée de départ fut d’organiser un petit événement sportif et festif. L’objectif était modeste : recueillir 60000 francs belges à l’époque (1500 €) pour l’achat d’une pompe ambulatoire à chimiothérapie; ils en ont obtenu dix fois plus. En 2006, une ASBL est née. Par l’organisation de journées événementielles "Salut Thierry", elle vise à récolter des fonds directement investis dans des appareils médicaux de dernière génération dans le domaine oncologique. Depuis le début de l’initiative, plus de 114500 euros ont ainsi été récoltés.
Alors qu’en 2007, les activités organisées par l’ASBL ont permis de réunir 30000 € pour l’achat d’un appareil à macrobiopsie, un siège d’examen et une dizaine de pompes, le service "Prévention du cancer du sein" du CHU Saint-Pierre s’est vu doter, en décembre 2010, du premier Faxitron belge en salle d’opération. Il s’agit d’un appareil ultra perfectionné d’imagerie per-opératoire du cancer dépisté du sein d’une valeur qui avoisine les 80000 euros, près de la moitié de la somme (35000 euros) ayant été apportée par l’ASBL "Les amis de Thierry", le CHU Saint-Pierre ayant également participé pour moitié.
"Chaque jour, en Belgique, vingt-cinq femmes reçoivent le choc de l’annonce d’un diagnostic de cancer du sein, rappelle le Dr Fabienne Liebens, coordinatrice de la Clinique du sein au CHU St-Pierre, si de grands progrès ont été réalisés au niveau des traitements avec de meilleurs pronostics, ce cancer s’avère encore fatal pour une femme sur quatre. Beaucoup d’efforts restent à faire au niveau de la prévention et de la détection précoce de lésions afin d’assurer aux femmes touchées les meilleures chances de guérison."
En quoi donc ce fameux Faxitron, dont une version moins évoluée est déjà utilisée en anatomopathologie au Gasthuiberg Leuven, apporte-t-il un plus aux patientes ? L’intérêt et le caractère novateur de cet appareil consistent à pouvoir réaliser des radiographies de pièces opératoires directement en salle d’opération, en quelques secondes, pendant l’intervention chirurgicale. "L’indication concerne les cancers de petite taille (moins d’1 cm) qui ne sont pas palpables à l’examen clinique par les mains du sénologue, explique le Dr Liebens, actuellement, pour être certain d’avoir enlevé la tumeur dans sa totalité, le chirurgien est obligé d’envoyer pour radiographie au service d’imagerie de l’hôpital la zone réséquée, soit la tumeur avec, autour d’elle, une zone de sécurité (berges saines) Il doit alors attendre les résultats - une procédure qui peut durer jusqu’à 90 minutes - afin de savoir si une nouvelle zone doit être réséquée. Grâce au Faxitron, les radiographies peuvent être réalisées directement en salle d’opération, avec une grande précision d’images, ce qui évite par ailleurs les risques éventuels d’interprétation de la zone réséquée par le pathologiste suite au transport de la pièce opératoire". En résultent aussi une diminution du risque de récidive et un plus grand confort pour la patiente dont l’anesthésie est écourtée et pour le chirurgien.
www.salutthierry.be
Savoir Plus
L'obésité pourrait favoriser le développement du cancer du sein
L'obésité, qui favorise déjà les maladies cardiovasculaires et le diabète, pourrait faciliter le développement du cancer du sein, selon des travaux menés par des chercheurs français qui estiment que cellules graisseuses et tumeur représentent "un mélange à risque". Les résultats de leurs recherches sont publiés vendredi dans la revue américaine Cancer Research.
Chez les femmes "de nombreuses études statistiques ont déjà établi un lien, sans pour autant jamais parvenir à en expliquer la raison, entre obésité et +agressivité+ du cancer du sein", notent les chercheurs dans un communiqué. La partie externe du sein, rappellent-ils, est essentiellement constituée de tissu graisseux, lui-même majoritairement composé d'adipocytes, qui "sont capables, outre leur activité de stockage/libération des graisses, de sécréter de nombreuses protéines". Ils ont cherché à savoir si ces protéines jouaient un rôle dans le développement des cancers du sein.
Pour ce faire, deux équipes conduites l'une par Philippe Valet (Inserm/université Paul Sabatier de Toulouse) et l'autre par Catherine Muller (CNRS/université Paul Sabatier) ont cultivé ensemble des adipocytes et des cellules tumorales mammaires. In vitro, ils ont constaté qu'en présence des cellules tumorales les adipocytes sécrétaient davantage de protéines de l'inflammation (comme l'Interleukine 6). "Ces cellules tumorales devenaient alors plus invasives, plus capables de passer à travers des barrières et de migrer", donc plus agressives, indique à l'AFP Catherine Muller, qui travaille à l'Institut de pharmacologie et de biologie structurale.
Ce qui se confirme in vivo : quand les cellules tumorales préalablement cultivées avec des adipocytes sont injectées dans des souris, "ces cellules forment beaucoup plus de métastases que celles qui n'avaient pas été cultivées en présence d'adipocytes", indique Mme Muller. "Fait majeur, ces modifications spécifiques des adipocytes ont été retrouvées dans des tumeurs humaines, confirmant l'importance de ce phénomène", soulignent les chercheurs.
"Que vous soyez obèse ou pas, l'adipocyte est partie prenante de la tumeur", explique Catherine Muller. "Mais si vous êtes obèse, vous avez plus d'adipocytes, et notre hypothèse est qu'ils ne sont pas les mêmes que ceux des gens pas obèses, et qu'ils sécrètent plus de molécules inflammatoires". Ils seraient donc beaucoup plus favorables à la tumeur. "Cette hypothèse reste à vérifier, à la fois chez la souris et chez l'homme", concluent les chercheurs, qui imaginent déjà des "stratégies spécifiques" de traitement pour les patients en surpoids atteints de cancers agressifs, pour qui des anticorps anti-interleukine 6 pourraient être particulièrement efficaces.
"La stratégie en fonction de votre statut pondéral n'est pas vraiment entrée dans les moeurs en cancérologie", regrette Catherine Muller.
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