Le diesel, cancérigène avéré

C'est une annonce qui ne surprend pas vraiment, mais elle devrait néanmoins faire réfléchir de nombreux conducteurs belges au moment de tourner la clef de contact de leur véhicule.

G.T.
Le diesel, cancérigène avéré
©AFP

C'est une annonce qui ne surprend pas vraiment, mais elle devrait néanmoins faire réfléchir de nombreux conducteurs belges - mais pas seulement - au moment de tourner la clef de contact de leur véhicule.

Au terme d'une semaine de réunion, un groupe d'experts internationaux du Centre international de recherche sur le cancer (Circ - l'agence pour le cancer de l'Organisation mondiale de la santé) a en effet annoncé mardi que les gaz d'échappement des moteurs diesel étaient désormais classés parmi les cancérigènes certains pour les humains. Cette décision se base sur une accumulation de preuves mettant en évidence l'existence d'une relation causale entre cette exposition et un risque accru de développer un cancer du poumon. Les scientifiques observent en outre une "association positive" avec un risque accru de cancer de la vessie. Sur ce point, les données sont néanmoins plus limitées.

En l'état actuel des connaissances, les gaz d'échappement des moteurs essence restent pour leur part considérés comme des cancérigènes potentiels.

En 1988, le Circ avait déjà classé les émissions des moteurs diesel parmi les "cancérigènes probables" pour l'homme, soit le deuxième niveau sur une échelle de classification qui en compte cinq. Dix ans plus tard, un groupe consultatif avait chaudement recommandé de réévaluer rapidement le cas du diesel. Depuis lors, les études épidémiologiques se sont accumulées sur des travailleurs exposés dans des situations diverses.

"Les preuves scientifiques sont irréfutables et les conclusions du groupe de travail ont été unanimes : les émanations des moteurs diesel causent des cancers du poumon", a déclaré le Dr Christopher Portier qui présidait le travail de ces experts. "Etant donné les effets additionnels des particules de diesel pour la santé, l'exposition à ce mélange chimique doit être réduite dans le monde entier", a-t-il ajouté dans un communiqué publié par le Circ.

L'organisme souligne également que de nombreuses personnes sont exposées à ces gaz d'échappement dans leur vie quotidienne, dans le cadre de leur emploi ou tout simplement en respirant l'air ambiant. Une pollution qui émane non seulement du transport routier, mais également du trafic ferroviaire et maritime.

Les inquiétudes environnementales croissantes ont poussé les pays riches à durcir les standards d'émissions imposés aux constructeurs, ce qui s'est notamment traduit par la généralisation des filtres à particules. Si ces normes ont eu pour effet de réduire la quantité de particules et de molécules chimiques rejetées par ces moteurs, leurs bénéfices pour la santé publique ne sont pas encore clairement établis, note le Circ, qui appelle à plus de recherches dans ce domaine. Qui plus est, les populations des pays les moins développés sont davantage exposées en raison de la faiblesse des législations qui y ont cours et la vétusté du parc automobile.

Voilà donc une pièce de plus qui pourrait peser dans les débats sur les avantages fiscaux dont bénéficie ce carburant dans notre pays.


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