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planète
Alarme !
V. S.
Mis en ligne le 06/07/2009
Alors que se profile à l’horizon le sommet du G8 qui se tiendra à partir de mercredi à L’Aquila - qui porte encore les stigmates du tremblement de terre dévastateur d’avril dernier, Oxfam International tire la sonnette d’alarme : le changement climatique pourrait réduire à néant les résultats de 50 ans de lutte contre la pauvreté. "Les famines provoquées par le changement climatique pourraient constituer la principale tragédie de ce siècle", prédit Oxfam International. Et de mettre en avant les baisses attendues de rendement d’ici 2020 des cultures du riz et du maïs en Afrique subsaharienne et en Inde, dont dépendent dans le monde des centaines de millions de personnes. Ou encore les baisses de qualité/quantité de produits d’exportation comme le thé ou le café.
Dans ce rapport intitulé "le cout humain du changement climatique", l’ONG spécialisée dans les rapports Nord-Sud a tenu à croiser le point de vue des scientifiques - 375 millions de personnes pourraient être touchés par des catastrophes climatiques d’ici 2015 - à celui de centaines de témoins, des paysans anonymes qui au Bangladesh, en Ouganda ou au Nicaragua vivent au rythme des saisons et sont directement affectés par les changements climatiques. "Il est important de parler de l’impact de ces changements sur la vie de ces gens plutôt que via certains chiffres désincarnés. Il est urgent d’agir même si nous nous posons évidemment des questions sur la volonté politique des pays industrialisés. Les conséquences des changements climatiques sont nettement moins graves dans les pays industrialisés et touchent relativement peu le citoyen moyen de ces pays. Cela pourrait expliquer l’attentisme des régions tempérées", explique Brigitte Gloire d’Oxfam-Soldarité.
Pour l’ONG, le sommet de Copenhague de l’ONU en décembre prochain sera évidemment crucial. Au rayon des revendications d’Oxfam-International, l’engagement des pays riches à réduire d’ici 2020 leurs propres émissions de carbone d’au moins 40 % par rapport au niveau de 1990. Autre demande : la mobilisation dès maintenant de 150 milliards de dollars par an pour "financer la réduction des émissions dans les pays pauvres et leur adaptation à un changement désormais inévitable". Enfin, " last but not least", l’engagement des pays riches à s’engager structurellement vers un "modèle de développement peu producteur d’émissions de carbone".
Un message qu’Oxfam-International entend évidemment marteler encore et encore avant et pendant Copenhague. "Où la mobilisation sur le terrain sera plus forte qu’à Bali ou Poznan", prévient déjà Brigitte Gloire.
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