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Insectes

Menace sur les Galapagos

Bruno Fella

Mis en ligne le 20/08/2009

La menace de maladies transmises par un moustique plane sur les Galapagos. Un chercheur belge partage son expérience.

A quasiment un millier de kilomètres de l'Equateur, le pays qui en a la garde, les "iles enchantées" bercent depuis des siècles leurs singularités. Le "HMS Beagle" aborda ces rochers perdus en 1859, avec à son bord Charles Darwin. De l'observation de la faune typique, le jeune homme en tira "L'Origine des espèces".

Tortues géantes, iguanes et autres espèces uniques qu'abritent les iles Galapagos sont aujourd'hui en péril. Dans l'archipel, déclaré patrimoine de l'humanité en danger par l'Unesco en 2007 en raison des risques présentés notamment par le tourisme sur son fragile écosystème, un chapelet de règles accueille les visiteurs : ne dérangez ou touchez aucun animal, n'arrachez ou déplacez aucune plante, aucune roche, ne ramenez aucun organisme vivant aux iles ou d'iles en iles...

Mais, malgré ces précautions, tous les dangers pour la faune ne sont pourtant pas écartés. Une étude, menée par l'université de Leeds en Angleterre, la Société zoologique de Londres, l'université de Guayaquil en Equateur, le Parc national des Galapagos et la Fondation Charles Darwin a ainsi mis en évidence la présence d'un insecte venant du continent et pouvant ainsi transmettre des maladies comme la fièvre du Nil occidental ou le paludisme aviaire, dont les espèces uniques présentes dans ces iles pourraient ne pas se relever.

L'accusé : le moustique Culex quinquefasciatus. Les complices : le moustique Aedes taeniorhynchus et les touristes. Après avoir, durant des mois, accroché aux arbres des petits pièges à insectes, un Belge de 28 ans, Arnaud Bataille, en dernière année de doctorat à l'université de Leeds, coauteur de l'étude, témoigne : "Le Culex est arrivé aux Galapagos en 1985. Et on a découvert qu'il est toujours introduit de manière régulière, un avion sur sept. Mais il y a trois à huit avions par jour qui atterrissent aux Galapagos. Ce moustique est un important vecteur de maladies qui présentent un risque pour les animaux sauvages. Si un moustique porteur d'un parasite arrive à sortir de l'avion et pique un animal, il pourrait y avoir une épidémie, car le moustique endémique Aedes (transporté par le vent sur les lieux depuis des milliers d'années) se chargerait de propager le mal."

Difficile de freiner le tourisme, car ce secteur est la principale source de revenus des iles Galapagos. Des revenus qui croissent de 14 % chaque année. Les autorités équatoriennes, conscientes de la menace environnementale, et d'autant plus conscientes après la publication de l'étude, ont réagi par voie de communiqué, précisant que de l'insecticide était aspergé dans les avions, bien que les scientifiques doutent de l'efficacité de la parade. Même régime pour les cargos arrivant aux Galapagos ou pour les bateaux de touristes, pièges à moustiques, car on oublie trop fréquemment d'éteindre la lumière lors des soirées du capitaine !

Aussi Arnaud Bataille prévient : "Toutes les différentes pièces du puzzle sont là pour qu'une catastrophe arrive." S'il suffit d'un moustique...

© La Libre Belgique 2009

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