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Nutrition
Qui mange lentement, maigrit
L.D.
Mis en ligne le 13/01/2010
On aurait tout simplement pu dire – ou rappeler – qu’il convient de manger lentement, de mâcher correctement. En d’autres mots, de prendre le temps de savourer les aliments et surtout d’éviter d’avaler son repas debout, sur un coin de table, devant un écran ou en marchant… Mais non, il a fallu que des chercheurs inventent un appareillage sophistiqué. Baptisé mandomètre, il a récemment été présenté comme un “mouchard sous l’assiette”, à l’occasion de la publication en ligne d’une étude sur le site du British Medical Journal.
En réalité, il s’agit d’une petite balance ronde glissée sous l’assiette et reliée à un ordinateur capable de mesurer la vitesse à laquelle les aliments sont ingurgités. Objectifs : mieux contrôler l’alimentation pour, in fine, combattre l’obésité. Mis au point par le célèbre Institut Karolinska de Stoskholm, l’appareil présente sur un écran d’ordinateur un graphique indiquant le poids de nourriture dans l’assiette et le temps mis à l’absorber. La courbe générée sera comparée à la courbe idéale telle que définie par le thérapeute. En fin de repas sonnera le glas de la voix d’ordinateur signalant, par exemple, que l’on a mangé avec trop d’empressement. Et donc invitant à mieux profiter des agapes une prochaine fois. Sur base des indications fournies par le patient, le mandomètre calculera encore le taux satiété, qui sera, lui aussi, comparé à une courbe “normale”.
Doit-on voir là un nouvel outil dans l’arsenal visant à lutter contre le surpoids ?
S’il commence à être commercialisé pour le grand public aux Etats-Unis et en Australie notamment, avec une communication de prévention et/ou régulation des troubles du comportement alimentaire (anorexie/boulimie), l’appareil a surtout, jusqu’ici, été testé auprès de 106 jeunes âgés de 9 à 17 ans, comparés à un groupe témoin, par des chercheurs de la Clinique d’obésité de l’hôpital pour enfants de Bristol. Qu’ils fassent partie du groupe témoin ou du groupe contrôlé au moyen du mandomètre, tous étaient invités à améliorer leur alimentation et pratiquer une activité physique.
Première constatation des chercheurs : les adolescents obèses mangeaient vite. Mais après une année d’usage de l’appareil, les jeunes testés mangeaient de moindres portions et ils avaient réduit de 11 % la vitesse à laquelle était consommé le repas. Cela s’est traduit par une baisse de 2,1 points de leur indice de masse corporelle (l’IMC est le rapport du poids au carré de la taille), qui définit le surpoids (plus de 25) et l’obésité (plus de 30), ainsi que par un taux de cholestérol moins élevé.
Quant au groupe témoin, ayant eu recours à des thérapies classiques, il a fait apparaitre une réduction de l’IMC trois fois moindre, avec une accélération de 4 % du temps mis pour s’alimenter.
Le verdict des chercheurs ? “L’utilisation d’un appareil de ce type est un apport “ utile” aux rares options permettant de traiter l’obésité sans avoir recours à des médicaments ”.
© La Libre Belgique 2010
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