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Softenon
Softenon : victimes très soutenues
Laurence Dardenne
Mis en ligne le 14/01/2010
C’est magnifique - et l’on ne peut sans doute que s’en réjouir Le dossier devrait aboutir puisque, peu de temps après la création d’une association mais une cinquantaine d’années après qu’eut éclaté le scandale de la thalidomide, les voilà tous réunis, politiques de tous poils et de tous bords, autour d’une même et noble cause: celle des victimes du Softenon. Tous - ou disons presque -, ce sont en l’occurrence la ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS), la députée Catherine Fonck (CDH) et le sénateur Alain Destexhe (MR).
Fin de l’année dernière, la première rencontrait les victimes réunies au sein d’une association toujours en attente, entre autres choses, des excuses publiques de l’Etat, à l’époque notamment tenu responsable de ne pas avoir réagi de façon ad hoc dans ce dramatique dossier, en tardant à retirer le médicament en question de la circulation. Faut-il le rappeler ?, la thalidamide, vendue en Belgique sous le nom de Softenon et prescrite au début des années 60 à des femmes enceintes notamment pour combattre les nausées avait provoqué le décès d’enfants avant la naissance et des malformations des membres chez des milliers de nouveau-nés dans plus d’une quarantaine de pays.
Acte 1. Mardi donc, en commission Santé publique, interrogée sur l’arrêté royal du 13 février 2005 interdisant l’importation, la cession et la délivrance de médicaments contenant de la thalidomide, la ministre Onkelinx a rappelé qu’elle était en contact avec l’association des victimes. "Je souhaite continuer à travailler avec elle, a-t-elle expliqué, j’ai été impressionnée et émue par leur courage mais aussi leur détermination à trouver une solution pour réparer une négligence grave de l’époque, lorsque l’on n’a pas arrêté la circulation de ce médicament".
Acte 2. Mercredi surgit un communiqué émanant du groupe CDH de la Chambre des représentants intitulé: "Softenon: Catherine Fonck veut une reconnaissance et un fonds d’indemnisation pour les victimes". Et voilà que la députée humaniste dépose une proposition de résolution pour que les victimes du Softenon soient enfin reconnues. Ce que demande la députée CDH au gouvernement fédéral, outre cette reconnaissance? De développer une stratégie intégrée relative à la prise en charge de la phocomélie (malformation des membres) ainsi qu’un financement adéquat de cette prise en charge, favoriser l’accès à toutes les mesures facilitant la réhabilitation à la vie économique, sociale et culturelle de ces personnes, organiser la création d’un fonds d’indemnisation des victimes ou encore établir un état des lieux et promouvoir une prise de conscience par rapport à cette affection.
Acte 3. Nous soumettons cette proposition de résolution à Martine Olivier, la porte-parole de l’Association des victimes belges de la thalidomide, afin de recueillir sa réaction et de nous faire savoir si, oui ou non, les demandes et priorités des membres s’y retrouvent. Après avoir accepté de commenter ce petit texte, elle préfèrera finalement ne pas se prononcer, réservant ses réponses pour la conférence de presse que donnera, ce jeudi, Alain Destexhe.
Acte 4. Car oui, aujourd’hui même, le sénateur avait prévu de convoquer la presse pour l’informer du dépôt d’une proposition "visant à obtenir la reconnaissance officielle de la responsabilité de l’Etat belge" dans ce dossier. Et ce, en présence de la présidente de l’association et de plusieurs victimes avec lesquelles Alain Destexhe travaille depuis plusieurs semaines déjà, nous a-t-il affirmé, afin de proposer un texte fouillé, en partie inspiré des expériences mises en place dans d’autres pays.
Une chose est sûre: les "victimes oubliées" doivent se sentir soutenues.
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