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Nutrition | Révision 2009
Apports nutritionnels recommandés
Michèle Dryepondt
Mis en ligne le 20/01/2010
Quoi de neuf dans cette cinquième version des recommandations nutritionnelles (voir ci-contre) que vient de livrer le Conseil supérieur de la santé (CSS) pour la Belgique ?
Moins 43 % pour le sodium ! Deux grammes de sodium au lieu de 3,5 en 2006, soit 5 g de sel (HCl) au lieu de 8,5 : cela va être dur ! Notre consommation alimentaire moyenne est estimée à 8 à 9 g par jour, augmentée souvent (et à notre insu) par les additifs alimentaires (notamment le glutamate de sodium) et même les médicaments effervescents pour les grands consommateurs. 70 à 75 % du sodium consommé sont apportés par les aliments préparés industriellement : pain, fromages, charcuteries, plats préparés, beurre salé
C’est le risque d’hypertension qui est visé. La réduction sodée améliore considérablement les chiffres tensionnels et, ceci, d’autant plus si les apports en potassium, calcium et magnésium sont adéquats. C’est-à-dire qu’il faut non seulement diminuer l’apport en sel, mais augmenter simultanément la consommation de légumes (potassium).
Plus 50 % pour la vitamine D, supplémentation conseillée pour les enfants. C’est l’action des rayons UV sur le cholestérol qui permet la synthèse endogène de la vitamine D chez l’homme et les animaux. Autrement dit, une bonne exposition aux rayons de la lumière est indispensable pour bénéficier d’un bon statut en cette vitamine. Son rôle majeur est la formation et le maintien de la masse osseuse. Elle intervient également dans l’immunité. De récentes études indiquent une corrélation entre le statut en vitamine D et l’apparition de certains cancers et maladies chroniques. Une déficience en vitamine D se rencontre fréquemment chez les enfants et les adultes, particulièrement au sortir de l’hiver.
Le Conseil supérieur de la santé encourage la supplémentation (sous contrôle médical) des enfants dès la naissance et jusqu’à l’adolescence en tenant compte de l’exposition au soleil. Il propose une augmentation des apports chez les adultes à risque d’ostéoporose et chez les femmes enceintes et allaitantes. Prudence dans les doses : la vitamine D devient toxique à partir de 25 microgrammes chez les enfants et 50 microgrammes à partir de 11 ans et pour tous les adultes.
Plus 50 % pour la vitamine E. La vitamine E est fournie à l’organisme sous forme de tocophérols, plus précisément d’alpha-tocophérols. Antioxydants puissants, ils protègent les lipides des membranes cellulaires et ceux des lipoprotéines. Ils agissent en prévention contre le développement de certaines maladies comme les maladies cardiovasculaires, cancers ou encore, la cataracte. Le CSS ne recommande pas la supplémentation parce qu’elle n’est pas très efficace. Il a été montré que c’est dans sa matrice naturelle que la vitamine E est la mieux absorbée et qu’une megadose (bien plus de 10 fois les apports recommandés) est délétère.
Plus 30 % pour l’iode, surtout en période de grossesse. C’est un élément essentiel dans le fonctionnement de la glande thyroïde. Les femmes enceintes sont le plus à risque de carence. Il a été montré que 2,4 % des femmes enceintes belges présentaient un dysfonctionnement thyroïdien. Or, le développement neurologique du fœtus dépend totalement de la bonne fonction thyroïdienne de la mère pendant la grossesse et d’un apport adéquat en iode jusqu’à l’âge de 3 ans. Les apports ont été revus à la hausse pour l’ensemble de la population à partir de 14 ans.
Si, dans certains pays européens, des aliments (comme le sel) sont automatiquement enrichis en iode, ce n’est pas encore le cas pour la Belgique.
Calcium et phosphore réajustés pour les enfants. 20 % d’apports en plus pour les 11-14 ans et légère baisse pour les autres avec apports phosphore réduits. Calcium et phosphore sont étroitement liés. Un rapport calcium/phosphore bas entraine une résorption osseuse avec risque d’ostéoporose. Ce rapport doit être supérieur à 1 et idéalement 1,3. L’excès alimentaire de phosphore est fréquent. Il est largement utilisé comme additif alimentaire (sous forme d’acide phosphorique et de sels de phosphate) et notamment comme régulateur d’acidité dans les sodas sucrés. La consommation régulière de ces boissons par les adolescents, au détriment des produits laitiers, entraine une diminution du rapport calcium/phosphore.
Des apports recommandés fixés pour le chrome. Inexistants dans la version 2006, ils sont à présent fixés entre 20 et 30 microgrammes en fonction de l’âge. Le CSS s’est fondé sur des travaux réalisés par des panels internationaux pour arriver à ses valeurs mais confirme les connaissances encore très limitées à propos de cet élément. Des travaux récents suggèrent que le chrome exerce effectivement une activité "pharmacologique" chez les personnes diabétiques de type 2, mais à des doses qui dépassent largement celles du domaine de la nutrition.
Savoir Plus
Lutéine et lycopène : la limite à ne pas dépasser
Rapport circonstancié. Le CSS vient d’émettre un avis concernant la lutéine (légumes à feuilles vertes) et le lycopène (tomate). Ces antioxydants exercent des effets bénéfiques dans la prévention des maladies cardiovasculaires, du cancer ou encore de la dégénérescence maculaire. Les apports alimentaires moyens, dans le cadre d’une alimentation équilibrée, atteignent 2 à 3 mg par jour. Certains auteurs estiment que ces apports sont insuffisants. Etant donné qu’il n’est pas possible de les augmenter via l’alimentation, ils suggèrent de les renforcer par des compléments alimentaires.
En l’absence de législation à tous niveaux, le CSS a rendu un rapport circonstancié sur le sujet et a fixé 15 mg pour la lutéine et 10 mg pour le lycopène comme maxima quotidiens. Il ne s’agit en aucun cas d’un apport recommandé, mais d’une limite à ne pas dépasser.
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