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A l'ombre de Salou
RÉGINE KERZMANN
Mis en ligne le 17/10/2003
REPORTAGE
Certains connaissent peut-être la chanson du groupe liégeois «les Gauff au'Suc» répétant à tue-tête «Vamos à Salou» ? En quelques refrains, y est décrit le bonheur partagé des Belges passant chaque été leurs congés payés dans la station balnéaire espagnole bien connue en bord de Méditerrannée. Et si on la chante, c'est bien parce que Salou est populaire à plus d'un titre. Son soleil y est quasi permanent, ses boîtes de nuit et ses kilomètres de plages drainent chaque année des milliers de vacanciers venus surtout chercher farniente et bronzette. Néanmoins, Salou n'en demeure pas moins aussi la capitale de la Costa Daurada, la côte catalane la plus réputée.
ARRIÈRE-PAYS SURPRENANT
De la Catalogne, le visiteur néophyte connaît principalement sa capitale, l'incontournable Barcelone. Mais si l'on susurre à un Catalan que cette métropole européenne est l'élément principal de cette région de 6 millions d'habitants, il risque de le prendre mal.
«Enfoncez-vous dans les terres et voyez par vous-même toutes nos richesses», répètent inlassablement les guides emmenant les touristes le temps d'un mini-trip organisé par l'Office du tourisme catalan de Bruxelles. Cette région millénaire compte quatre provinces: Barcelone, Girone, Lleida et Tarragone. Cette dernière s'est justement élevée au fil des siècles sur la Costa Daurada au gré des guerres et des invasions. Alors oui, pénétrons dans les terres.
Poussons plus loin la curiosité et découvrons à l'ombre des parasols et des palmiers de Salou ou de Cambrils, l'un des plus typiques petits villages de pêcheurs de la Costa Daurada, une Catalogne romaine et éternelle entrecoupée de route du vin et d'abbayes cisterciennes séculaires remarquablement bien conservées.
Tarragone, capitale de «sa» province est sans nul doute l'excursion à ne pas manquer. Tournée vers la «Mare Nostrum», cette ville respire l'époque romaine, période durant laquelle elle fut créée vers 218 PCN. Camp militaire important d'abord, elle devint ensuite capitale d'une province embrassant jadis plus de la moitié de la péninsule ibérique. De son passé ibère, romain, islamique et de la reconquête chrétienne, Tarragone bénéficie aujourd'hui d'un héritage visible incalculable et était déclarée Patrimoine mondial de l'humanité en l'an 2000.
Les restes archéologiques romains sont légions: les remparts originels, le forum et l'amphithéâtre romain en tête. Tarragone comme toutes filles de l'Histoire est désormais bicéphale. Une ville nouvelle moderne, ouverte et entreprenante s'est accolée à l'ancien village ibérien devenu cité romaine conservée aussi à travers son cirque et sa cathédrale romane du 12e siècle aux accents gothiques, rosace et porte en ogive sculptée.
SUR LA ROUTE DE MONTBLANC
Poursuivons le chemin dans l'arrière-pays catalan éclatant sous le soleil même en ce début d'automne. A quelques kilomètres à peine de la mer, les paysages montagneux sortent de terre. Bienvenue dans la Conca de Barberà, région naturelle au patrimoine monumental imposant où jaillit ces dernières années un tourisme rural abordable et convivial. La Conca de Barberà dispose d'un réseau de routes aménagées facilitant le séjour du visiteur. Sa gastronomie, ses hébergements ruraux et ses hôtels thermaux connaissent un bel essor.
C'est ici que l'on découvre la ville médiévale de Montblanc derrière son enceinte fortifiée. Ville royale en 1163, Montblanc sauvegarde sa mémoire collective jalousement. Son office du tourisme loge dans l'ancienne église Sant Francesc (13e
siècle) et vaut la peine que l'on s'y attarde avant de se perdre dans le dédale des ruelles animées. En septembre, la ville y organise son festival international de céramique artistique, une façon de valoriser l'art local.
Montblanc se situe sur la route «del Cister», des cisterciens. Une route créée en 1989 reliant trois monastères. Poblet, entouré de bois, est l'un d'eux. C'est l'ensemble cistercien encore habité le plus grand d'Europe, bâti en 1150. Des visites en français y sont possibles. Cette route médiévale est aussi une route du vin aux caves impressionnantes où 9900 ha de vignes jouent le rôle d'unique décor naturel. Le temps manque hélas pour se prélasser plus longuement dans ces coulisses de la Costa Daurada. Une seule envie revenir, aller plus loin.
© La Libre Belgique 2003
Savoir Plus
S'Y RENDRE.
En avion: plusieurs vols quotidiens Bruxelles-Barcelone. Les aéroports de Girona et Reus (vols charters) ne fonctionnent qu'en été.
En train: depuis Paris, une liaison Paris-Figueres-Girona-Barcelona.
En voiture: A 7, direction Montpellier-Perpignan puis Barcelone. Coût moyen du trajet: 86,7 €.
O LOGER?
Les hébergements ruraux se sont largement développés. Parmi eux, l'Hostalet au coeur de la Concà de Barbera, sur la route del Cister. Le tenancier vous accueillera les bras ouverts et en français! L'Hostalet C/La Sala, 30. 43425 La Sala de Comalats (Passanant). Concà de la Barberà. Tél: 0034.977.89.28.39; www.hostalet.com.
Office du tourisme: Turisme de Catalunya, rue du Châtelain, 49, 1050 Bruxelles. Tél: 02.640.61.51. www.gentcat.es/turistex.; Oficina Espanola de Turismo, rue Royale 97, 1000 Bruxelles. Tél: 02.280.13.27. www.tourspain.be.
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