Cyclisme Après avoir allumé le directeur du Tour dans son podcast quotidien Stages, Lance Armstrong a refait l’étape de Froome, des Sky et d’Aru. Résumé.

Sur l’étape du jour: "Sky était trop dominante, personne n’a osé"

Il l’annonce : "J’aurais pu me lever plus tard." Lance Armstrong dit s’être ennuyé. "C’était horrible. Sauf à la fin."

Il analyse cela par le jeu de l’équipe Sky. "Je les ai regardés. Plus que je n’ai regardé Froome. Je me disais que j’avais déjà souvent vu ce film, ce travail."

Il a également répondu à la question que toute personne derrière son écran s’est posée : pourquoi ne pas avoir attaqué plus tôt ? "Je m’attendais à des attaques plus précoces de certains mais l’équipe Sky était trop forte, trop dominante. Personne n’osait car personne ne pouvait bouger. On sentait les coureurs découragés."

Le profil de l’étape n’a pas non plus aidé. "Les transitions entre le froid des descentes puis le chaud des montées et la succession de ces deux éléments m’aurait rendu nerveux. Tu ne sais pas installer ton rythme. Puis, le passage à la fin était vraiment abrupt. Les coureurs les craignaient. À raison."

Sur le changement de leader: "Face à la Sky, c’est chaud"

Lance Armstrong est satisfait du changement de leader mais il met Aru en garde. "On saura demain s’il sait tenir. Vu l’étape, il aura besoin d’une équipe solide. Cela rend le Tour excitant. Il a le maillot mais il y a encore beaucoup d’épreuves en montagne. Il aura besoin de gars autour de lui." Il pense que l’Italien pourra compter sur un coup de boost qu’il a connu quand il roulait. "Quand tu as le maillot jaune, tes équipiers se réveillent et bossent pour toi. C’est naturel. Les gars vont augmenter le niveau."

La grosse différence est que le coureur d’Astana ne peut pas compter sur une équipe aussi énorme que la Sky. "C’est chaud quand tu as une telle équipe en face. Les coureurs se sacrifient pour Froome."

Fabio Aru devra donc compter sur d’autres membres du peloton. "Le problème est qu’Astana n’avait, à mon époque en tout cas, pas la meilleure réputation. Il pourrait bosser avec Romain Bardet. Il peut être un allier naturel vu leur similitude de profil. Rigoberto Uran a également montré de belles choses. Il était meilleur que Chris Froome ce mercredi."

Et Quintana et Contador ? "Il faut arrêter d’en parler et même de les montrer. Ils ne sont plus dans la course. Ils sont lâchés, place à ceux qui tiennent la route !"

Sur L’étape de ce jeudi: "Des attaques de partout"

L’animateur du talk-show a demandé à Lance Armstrong si le 14 juillet était si important pour les Français. L’Américain lui a fait comprendre que pour les coureurs, se montrer un jour de fête nationale est un must. "Ils sortent les drapeaux sur les vélos, etc. Tu vas les voir s’échauffer demain avant la course. Cela veut dire une seule chose : ils voudront faire un truc spécial."

Il met donc en garde les leaders. "L’étape est courte (101 km) mais sera compliquée avec trois cols de première catégorie. Et je sens que ça va attaquer de partout. Il n’y aura pas de portion plate et les routes ne sont pas en bon état."

Traduction, il faudra être prudent. "C’est le genre de journée qui peut pousser certains coureurs à être moins attentifs. Ce serait une grosse erreur."

Sur Froome:  "Si ça reste comme ça, il gagne"

"Voir Froome avoir du mal m’a choqué", balance d’entrée de jeu Lance Armstrong. Il ne lésine pas sur les mots au sujet du Britannique. "Quand tu prends 20 secondes en 500 mètres, c’est que tu as craqué. Il n’y a pas d’autres mots."

Il plaisantait en expliquant que les directeurs sportifs de ses adversaires ont dû hurler "les pires insultes" pour que les Bardet et Aru partent comme des balles au moment de la défaillance de Froome.

Le Kenyan blanc reste pourtant son favori. "Je ne peux rien prévoir… à part que Ritchie Porte ne gagnera pas", plaisante-t-il. "Je pense qu’il va gagner si cela reste comme ça et parce qu’il a l’avantage dans le contre-la-montre. Il stresse car il a eu un jour sans. On était proche de tirer la sonnette d’alarme. Je me dis toutefois qu’il a su tenir sans demander à son équipier Mikel Landa de ralentir. Il lui a manqué un petit truc, sans plus."

Il se demande ce qui se passe dans la tête de Froome après un tel couac. "Je sais que dans ces moments-là, on a beau te dire que ça va aller, tu paniques. Il devra arriver bien reposé et la tête vide."