Cyclisme

Désormais à nouveau recordman de victoires au Tour de France (5) après la décision de l'UCI de retirer lundi ses 7 succès à Lance Armstrong, Eddy Merckx s'est exprimé pour l'une des premières fois sur l'Américain dont il était très proche et le confident.

"J'en suis malade, pour mon sport exclusivement", a expliqué Eddy Merckx dans les colonnes du journal Le Soir mardi. "J'ai rencontré Lance à de nombreuses reprises, jamais il ne m'a parlé de dopage, de médecins ou d'autres choses. Il n'avait pas de comptes à me rendre non plus, c'était son problème mais je suis tombé dans le panneau. Je suis étonné de lui, surtout après ce qu'il a vécu. Je suis aussi fâché contre les coureurs qui parlent après auprès des enquêteurs. Bon sang, qu'ils parlent pendant, au moins, cela servirait la cause. Après, c'est trop tard. Si un coureur s'inquiète de pratiques douteuses, il a le devoir de s'exprimer pour le bien des autres".

Pour le patron de l'AMA, "tout le monde se dopait durant l'ère Amstrong"

Le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), John Fahey, a estimé mardi dans un entretien avec une radio australienne que "tout le monde se dopait durant l'ère Armstrong", le coureur américain déchu lundi par l'UCI de ses sept victoires dans le Tour de France.

"Il y a eu une période durant laquelle la culture dans le cyclisme voulait que tout le monde se dope. Il n'y a aucun doute là-dessus et les dirigeants (du cyclisme) doivent assumer leurs responsabilités", a déclaré John Fahey sur l'antenne d'ABC radio.

"Les témoignages apportés par ceux qui furent les coéquipiers de Lance Armstrong, les uns après les autres, disent tous la même chose: vous ne pouviez pas être compétitifs sans recours au dopage", a poursuivi le patron australien de l'AMA.

"A la question de savoir si cette période est terminée, on peut toujours s'interroger et je crois que l'UCI se réunit vendredi pour étudier un certain nombre de questions, y compris comment aller de l'avant dans ce domaine", a-t-il ajouté.

Dans un autre entretien, à la chaîne de télévision Fox Sports cette fois, John Fahey a estimé que la Fédération internationale retrouverait sa crédibilité si les dirigeants en place durant l'ère Armstrong ne figurent plus dans l'organigramme.

"Si le dopage était aussi présent, la question qu'on peut légitimement se poser est : Qui voulait le stopper ? Qui travaillait contre ? Pourquoi ne fut-il pas stoppé?", a souligné John Fahey.

Le précédent président de l'UCI, Hein Verbruggen, ami personnel d'Armstrong, est notamment dans le viseur, des coureurs comme l'Ecossais David Millar, dopé repenti, réclamant sa démission de son poste actuel de président d'honneur de la Fédération internationale.