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Dopage
Landis clame son innocence
AP
Mis en ligne le 20/05/2007
"Ca ne m'aurait servi à rien de tricher pour gagner le Tour parce que je n'en aurais tiré aucune fierté", a déclaré le vainqueur de la Grande Boucle lors de son témoignage -très attendu- devant le panel de la Cour d'arbitrage américaine.
Floyd Landis avait été contrôlé positif à la testostérone synthétique après la 17e étape du Tour 2006, où il avait opéré une remontée stupéfiante. Lors de son témoignage d'une heure et quart samedi, le cycliste a assuré que cette victoire était le résultat d'une stratégie mise au point la veille de l'étape, autour d'un repas arrosé de whisky. "Pour le plan tactique, ça aide", a-t-il plaisanté, s'attirant les rires de l'assistance.
S'exprimant sous serment, il a affirmé que la seule substance prohibée qu'il ait jamais absorbée durant sa carrière avait été de la cortisone -un médicament utilisé pour une blessure à la hanche, avec l'accord des autorités cyclistes.
Trois arbitres devront décider de son sort. S'ils pensent qu'il s'est dopé, Floyd Landis pourrait devenir le premier vainqueur du Tour de France déchu de son titre pour dopage. Lors de son témoignage bien calibré, le coureur a insisté sur son innocence. "Ils doivent me croire parce que les gens se définissent par leurs principes et par les décisions qu'ils prennent", a-t-il noté. "Ce qui m'intéresse dans le cyclisme, c'est le simple fait de pouvoir être fier de moi quand je me suis donné à fond. Tant que je sais que j'ai mérité ce que j'ai gagné, c'est une satisfaction pour moi".
"Evidemment, c'est génial de gagner. Mais c'est une question de caractère. Ca ne m'aurait servi à rien de tricher pour gagner le Tour parce que je n'en aurais tiré aucune fierté. Ce n'était tout simplement pas le but". Globalement, la stratégie du coureur américain consiste à accuser le laboratoire français de Châtenay-Malabry, qui a effectué le contrôle anti-dopage, d'avoir commis de nombreuses erreurs, notamment d'avoir mal étiqueté ses échantillons d'urine, de les avoir mal manipulés et d'avoir mal interprété les résultats des analyses.
Greg LeMond, autre vainqueur américain du Tour de France cité à témoigner jeudi, a accusé l'entourage de Floyd Landis d'avoir voulu l'intimider. Il avait confié à Landis qu'il avait été victime d'abus sexuel étant enfant, un drame personnel qu'il tenait secret. Juste avant son témoignage, où il devait évoquer ses conversations avec Landis après le contrôle positif à la testostérone, LeMond a reçu un appel téléphonique de Will Geoghegan, le manager de Landis, qui le menaçait de révéler son secret. "J'étais traumatisé parce que j'étais le premier à qui il l'avait confié. Parmi les choses qui peuvent arriver à une personne, je pense qu'il n'y en a pas beaucoup de pires que celle-ci. Prendre ça à la légère, il n'y a pas de mots pour qualifier ça", a déclaré samedi Landis.
Le vainqueur du Tour 2006 est revenu sur la conférence de presse qu'il a donnée en Espagne après l'annonce du résultat positif. Il avait alors assuré que son taux de testostérone anormalement élevé n'était en rien lié à un dopage. Il avait affirmé que ces hormones avaient été produites par son "propre organisme". "Encore aujourd'hui, je me demande ce que j'ai voulu dire par là", s'est excusé Landis. "Je regrette. Tout était tellement confus. Je n'aurais pas dû suivre les conseils de mes avocats de l'époque. Je ne savais pas ce que je faisais. Comme vous pouvez le constater, ces types ne sont pas là aujourd'hui pour écrire mes communiqués".
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