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Les 39 secondes du Port de Balès oubliées

Nicolas Christiaens

Mis en ligne le 06/02/2012

Le TAS vient de priver Alberto Contador de sa victoire sur le Tour 2010, suite au contrôle positif au Clenbutérol de l'Espagnol.

Ce genre de victoire obtenue sur tapis vert n'a jamais la même saveur que celle obtenue sur le vélo. Andy Schleck ne peut donc se réjouir qu'à moitié d'avoir hérité du Tour 2010 plus de 18 mois après son épilogue sur les Champs-Elysées… d'autant plus que pour son premier succès sur la Grande Boucle, la gueule d'ange du peloton aurait sans doute espéré une reconnaissance et une gloire immédiate.

Rien ne rendra à Andy la joie d'un maillot jaune sur la plus belle avenue du monde, mais essayons tout de même de remettre les faits dans leur contexte pour souligner le mérite du Luxembourgeois. Pas question ici de traces de Clenbutérol et de démarches judiciaires qui n'en finissent pas mais uniquement de l'aspect sportif. Car il est bien dommage que ce nouveau scandale de dopage soit venu éclipser ce qui restera comme l'un des plus beaux Tour de France de l'histoire, surtout pour sa troisième semaine à couper le souffle.

Pour rappel, au matin de la dernière étape de montagne, dans les Pyrénées, Andy Schleck n'avait que 8 secondes de retard sur son rival espagnol. Les bonifications avaient déjà été supprimées et le Luxembourgeois se devait donc de décrocher le leader d'Astana pour se vêtir de jaune et espérer le conserver au terme du contre-la-montre de Pauillac, qui lui était défavorable. Plusieurs attaques répétées n'ont toutefois pas suffi à mettre à mal l'Espagnol qui était presque à la rupture sur certaines d'entre-elles. Rarement, le niveau de deux grands acteurs du Tour fut aussi serré. Au sommet, Contador laissait la victoire d'étape au maillot blanc. Le surlendemain, entre Bordeaux et Pauilac, Andy Schleck partait à bloc dans un contre-la-montre de 52 kilomètres. Peu avant le premier pointage officiel, le Luxembourgeois avait repris les huit secondes qui le séparaient de l'Espagnol au classement général mais, comme on pouvait le craindre, il fut difficile pour lui de tenir le rythme. Alberto Contador remportait son troisième Tour de France, de loin le plus difficile, pour 39 petites secondes.

Un écart qui fit polémique

Grand bien lui aurait pourtant pris de l'emporter avec une seconde de plus. Car 39 secondes, c'est exactement le temps qu'il avait pris à son Luxembourgeois de rival dans la 15e étape dont l'arrivée était jugée à Bagnères-de-Luchon, au terme de la descente du Port de Balès. Ce col hors catégorie avait vu Andy Schleck attaquer Alberto Contador, qui ne pu répondre à l'offensive… jusqu'à ce que le protégé de Bjaarne Riis, à l'époque, ne subisse un saut de chaine. Contador en profitait pour déposer Andy et s'engouffrer dans la descente finale, aidé par Samuel Sanchez qui n'avait pas ménagé ses efforts pour offrir 39 secondes décisives à son compatriote.

Mais qui pouvait imaginer, à l'époque, que cette histoire de saut de chaine allait être oubliée 18 mois plus tard, à la faveur d'une décision du TAS ?

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