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A couteaux tirés
Quentin Finné
Mis en ligne le 08/02/2012
Le regard est sombre mais déterminé. Bien loin des larmes du 30 septembre 2010, date à laquelle il avait révélé son contrôle positif au clenbutérol dans cette même ville de Pinto, Alberto Contador est apparu hier empreint d’une profonde ténacité.
Alors que Bjarne Riis, le manager de son équipe Saxo Bank, avait ouvert la conférence de presse, le vainqueur déchu du Tour de France 2010 réajusta la forêt de micros que lui faisait face comme pour s’assurer que chacun ne manque un mot de son discours. "Je vis évidemment un moment très compliqué, une désillusion, confessa d’entrée, en espagnol, le coureur de Pinto. Cela fait maintenant un an et demi que cette affaire rythme mon quotidien, an et demi où pas un seul matin je ne me suis levé sans me demander comment je m’étais retrouvé dans cette situation. J’ai vécu un authentique calvaire qui a également affecté mon entourage proche, ma famille. Même si j’ai pu compter sur un très large soutien, vraiment, je ne souhaite cela à personne."
Contador est ensuite revenu plus largement sur le verdict du TAS. "J’ai fait tout mon possible pour démontrer mon innocence. Je suis resté assis pendant 5h pour répondre à des questions comme un délinquant, je suis même passé au détecteur de mensonge Si je pouvais faire plus, je l’aurais fait. Je suis en total désaccord avec la décision du Tribunal excepté sur un point auquel j’accorde une grande importance : la décision du TAS ne prouve pas que je me suis dopé. J’aurais ingéré le produit incriminé via un supplément alimentaire sans le savoir. Pour cela, j’écope d’une sanction et d’une amende énormes. On me retire mes victoires mais je ne cours pas après. Je veux avant toute chose que l’on garde une bonne image de moi sur toutes les compétitions auxquelles j’ai participé."
Des applaudissements nourris ponctuent alors la phrase d’un sportif soutenu par une très large majorité de la presse espagnole. S’il préfère ne pas se prononcer définitivement sur la possibilité d’un appel ("Mes avocats examinent les possibilités et je me battrai jusqu’au bout") qu’il devrait déposer dans les 30 jours suivant la décision du TAS, l’Espagnol promet une chose : il reviendra pour gagner.
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