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La nouvelle résurrection de Voeckler, le podium final connu
F. Chl.
Mis en ligne le 18/07/2012
Les lendemains de journées de repos réussissent bien au chouchou des Français qui s’impose en solitaire à Bagnères-de-Luchon.
En deux semaines, celui qui souffrait d’une tendinite tenace au genou et qui était à deux doigts de jeter l’éponge après l’étape de Boulogne, vient de décrocher deux bouquets sur la Grande Boucle. Et ce n’est pas tout, puisque le chouchou de tout un peuple s’est emparé du maillot à pois qui a valu à Richard Virenque sa popularité dans l’Hexagone. A l’âge du Christ, Voeckler est au zénith de sa popularité et de sa forme. Coïncidence ou pas, ses deux succès ont été décrochés un lendemain d’une journée de repos. Ce qu'on ne peut par contre pas enlever à Voeckler, c'est son audace et sa façon de courir à l'ancienne à l'heure d'un cyclisme aseptisé par les oreillettes.
Deux géants escamotés
C’est avec l’ombre de l’affaire Schleck derrière eux que les coureurs s’élançaient pour cette étape que l’on annonçait comme celle de “tous les possibles”. Mais, on comprenait rapidement que la grande explication attendue n’allait être qu’une vaste fumisterie. Dès les premiers kilomètres, un groupe de... 38 coureurs sortait avec la bénédiction des équipiers du maillot jaune. Ces hommes, parmi lesquels on retrouvait Thomas Voeckler (Europcar), Chris Anker Sörensen (Saxo Bank), Rein Taaramae (Cofidis), Rui Costa (Movistar), Jens Voigt (Radio Shack), George Hincapie (BMC), Alexandre Vinokourov (Astana) et le maillot à pois Frederik Kessiakoff (Astana), arrivaient rapidement au sprint intermédiaire qui était réglé par Paulinho (Saxo Bank).
Après, cela, c’était l’ennui le plus total. Le col de l’Aubisque était véritablement escamoté par les coureurs avec un peloton avançant au rythme du “Beau vélo de Ravel” et un groupe de 38 qui ne perdait aucun homme, preuve de son faible rythme. Au sommet, Voeckler passait en tête devant Kessiakoff. On comprenait que Ti Blanc avait des vues sur la liquette à pois de son adversaire suédois.
Dans le Tourmalet, les échappés étaient décidés à se débarrasser des plus faibles. Dan Martin (Garmin) mettait le feu aux poudre et se retrouvait en tête avec Thomas Voeckler et Brice Feillu (Saur-Sojasun). Mais très vite, l’Irlandais devait baisser pavillon face aux deux coureurs tricolores qui s’envolaient vers le sommet où Voeckler empochait les 25 points attribués. Kessiakoff, quatrième, devait encore lâcher 11 points sur Ti Blanc, mais était surtout en train de se griller.
Derrière, la balade continuait tranquillement pour le peloton où Knees imprimait un rythme de sénateur qui permettait à Gilbert ou Sagan de s’accrocher longtemps avec les meilleurs. Les écarts au sommet, plus de 10 minutes, ne laissaient aucun doute sur l’épilogue de cette étape. C’est un des hommes de devant qui allait s’imposer.
Derrière Voeckler et Feillu, un groupe de quatre coureurs se dégageait dans le col d’Aspin. Il était composé de Sörensen, Vinokourov, Izaguirre et de Voigt. Au sommet du col, où Voeckler empochait la mise et revenait à 6 points d’un Kessiakoff à la dérive, l’écart n’était que d’une minute. La victoire d’étape n’était pas encore jouée pour les deux Français.
Pyrénées, Alpes, même rengaine pour Evans
Derrière, Evans faisait la soupe à la grimace. De grosses gouttes perlaient sur le visage de l’Australien qui confirmait que les Pyrénées n’allaient pas plus lui sourire que les Alpes. Il décramponnait du peloton maillot jaune mené au train par Basso, l’équipier de Nibali. Le vainqueur sortant revenait bien dans la descente, aidé par ses équipiers, mais c’était déjà le chant du cygne.
La longue portion en faux-plat montant située après la descente de l’Aspin permettait au quatuor de poursuivants de recoller à 30 secondes du duo de tête, mais Voeckler était bien décidé à ne voir rentrer personne et larguait Feillu à 7 kilomètres du sommet du col de Peyresourde. Le leader d’Europcar s’envolait vers une deuxième victoire d’étape personnelle que ni Sörensen, ni Vinokourov, malgré leur bonne volonté, n’étaient en mesure de lui contester. C’est donc les bras en croix que Thomas Voeckler signait la troisième victoire de sa formation, la cinquième de son pays.
VDB, trop court pour le podium
Dans le groupe de favoris, Cadel Evans était rapidement distancé pendant que Nibali passait à l’attaque. Seul le tandem Sky Froome et Wiggins était capable de recoller au Requin de Messine. Jurgen Van den Broeck était contraint de laisser passer son tour et voyait ses dernières chances de podium final à Paris partir en fumée. Finalement, après une descente qui ne permettait pas à Nibali de reprendre du temps sur ses adversaires britanniques, VDB accusait un retard de 58 secondes. Pour Cadel Evans, l’addition était bien plus lourde avec un débours de 4’45”.
Le podium final quasiment connu
Sauf improbable défaillance, abandon ou contrôle antidopage positif, le podium de ce 99e Tour de France est connu. Bradley Wiggins devrait sans souci ramener sur les Champs Elysées cette tunique jaune qui lui semblait promise au départ de l’épreuve. Christopher Froome devra batailler un peu plus pour s’assurer de cette seconde place que convoite toujours Vincenzo Nibali. Jurgen Van den Broeck remonte à la quatrième place tandis que Cadel Evans dégringole à la septième.
Un maillot distinctif change donc d’épaules ce mercredi puisque le maillot à pois appartient désormais à Thomas Voeckler, passé en tête des quatre cols du jour. Les tuniques verte et blanche restent bien la propriété de Peter Sagan et de Teejay Van Garderen, qui remonte à la sixième place du général.
Demain, la 17e étape emmènera le peloton de Bagnères-de-Luchon à Peyragude pour ce second volet pyrénéen qui est la dernière occasion de bouleverser la hiérarchie. On est en droit d'espérer, au minimum, un bagarre entre les favoris du Tour pour la victoire d'étape. Histoire d'amener une éclaircie sur ce Tour tristounet où le spectacle risque une nouvelle fois de s'être plus produit dans les éprouvettes que sur la route.
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