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Décès

Ciao Franco !

Julien Gillebert

Mis en ligne le 08/02/2010

Ballerini s’est tué à 45 ans, lors d’un rallye automobile amateur. Il avait terminé à 13 reprises Paris-Roubaix, sa course fétiche.

Il ne laissait personne indifférent, Franco Ballerini. A la fois sur le vélo pour son élégance sur les pavés et un palmarès très respectable, mais aussi dans son rôle de sélectionneur national avec lequel son sens de la diplomatie, son charisme et ses qualités de stratège lui ont apporté quatre titres de champion du monde et une médaille olympique en neuf saisons !

L’annonce de son décès, hier, à l’âge de 45 ans, a rapidement ému le monde du sport. L’ancien double vainqueur de Paris-Roubaix est mort lors d’un accident dans un rallye automobile, à Larciano, près de Florence, en Italie, alors qu’il était copilote. Alessandro Ciardi, qui était au volant de la voiture, est quant à lui dans le coma. Ce dernier aurait perdu le contrôle d’une Renault Clio Sport, en dérapant sur de l’herbe au sortir d’un virage. La voiture aurait ensuite heurté le mur d’une maison à une vitesse estimée entre 100 et 120 km/h.

Le destin a donc frappé cet homme fort du cyclisme italien, papa de deux enfants, passionné par son sport mais aussi par les courses automobiles. Il avait doublement réussi. D’abord en étant un champion sur le vélo. Ensuite en devenant le sélectionneur national de l’Italie. Avec succès. Ce qui est rare. Car ce qui est vrai en football, quand on répète souvent que les meilleurs entraineurs n’ont pas été les plus grands joueurs, est également vrai en cyclisme. Mais Franco Ballerini, lui, avait réussi sur les deux tableaux.

Pourtant, sa tâche en tant que sélectionneur national était loin d’être évidente ! Il en avait fait les frais lors de sa prise de pouvoir, en 2001, à Lisbonne, quand la Squadra Azzura s’était tirée dans les pattes. Mais Ballerini avait su rebondir sur cette mauvaise première expérience, où il avait pris en sélection trop de ténors. Depuis, il n’avait pas hésité à se séparer de cadors et de leaders afin de créer une unité nationale.

Son charisme, sa courtoisie et son sens tactique ont fait le reste. D’abord en persuadant sa sélection de se mettre au service de Cipollini, qui lui apporta son premier titre de champion du monde, en 2002, à Zolder. Avant de régulièrement désigner Paolo Bettini comme chef de sa délégation. Une formule qui a payé à trois reprises, avec la médaille d’or aux JO d’Athènes, ensuite avec deux nouveaux titres de champion du monde, en 2006, à Salzbourg et en 2007 à Stuttgart. Avant d’en récolter un dernier, un an plus tard, à Varèse, avec Alessandro Ballan.

Franco Ballerini, dont le patronyme signifie "danseurs", s’était vu affublé du surnom du "danseur des pavés", tellement il semblait voler sur les routes archaïques de Paris-Roubaix, sur lesquelles il faisait parler sa puissance avec élégance et sur lesquelles il a construit sa carrière. Pourtant, l’histoire avait mal commencé, puisqu’il avait levé les bras au ciel en 1993, pensant battre au sprint Duclo-Lassale, qui fut cependant déclaré vainqueur pour huit minimètres. En larmes, jurant de ne plus revenir, Ballerini était pourtant revenu à son amour des pavés. Pour s’imposer en 1995 et en 1998, l’année du fameux triplé de la Mapei, devant Tafi et Peeters.

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