Cyclisme Trois ans après avoir décroché une première fois le maillot rose, Paolo Savoldelli a remis ça, cette année, en s'adjugeant le 88e Tour d'Italie hier à Milan, succédant ainsi au jeune Damiano Cunego. Leader du classement général depuis plus d'une semaine, l'Italien de chez Discovery Channel a pourtant dû batailler jusque dans les derniers kilomètres de l'avant-dernière étape, samedi, pour sauver son maillot. Car contrairement aux décevants Cunego (à 23 ans, il n'a pas été en mesure de confirmer sa victoire de l'an dernier) et Ivan Basso (malade au plus mauvais moment dans les Dolomites, mais qui s'est bien repris par la suite en s'adjugeant deux étapes), Gilberto Simoni et le jeune grimpeur vénézuélien José Rujano ont parfaitement joué leur rôle d'empêcheur de tourner en rond jusqu'au terme de ce Giro. Ce qui en fait un bon cru, puisque tant les étapes de plat - avec le duel McEwen-Petacchi - que les étapes de montagne conservèrent beaucoup d'intérêt tout au long des trois semaines de course.

L'étape de samedi restera, elle, dans les mémoires. Puisque l'ascension du col de Sestrière, mais aussi et surtout celle, inédite, du col des Finestre (dont une partie n'est pas asphaltée!), furent le théâtre d'une terrible bataille. Le maillot rose passa virtuellement sur les épaules de Gilberto Simoni, avant que Savoldelli ne refasse une partie de son retard, et conserve son bien pour 28 secondes seulement. A bout de forces, Rujano, le jeune Vénézuélien, a confirmé son titre de meilleur grimpeur en allant décrocher une magnifique victoire d'étape. «J'en suis à mon 75 e jour de course cette saison» expliqua la révélation de ce Giro 2005. «L'année prochaine, je me préparerai davantage en fonction du Giro, parce j'espère y faire encore mieux que cette année. On m'appelle parfois le petit Pantani, et c'est un honneur pour moi. J'ai toujours été un de ses supporters. J'ai le crâne rasé et je porte une boucle d'oreille en sa mémoire.» Lui aussi vidé à l'arrivée de cette avant-dernière étape, Gilberto Simoni commenta: «Je n'ai pas été brillant tout au long de ce Giro. Au cours duquel j'espérais recevoir un coup de main de la part de Cunego, mais il fut inexistant...»

Hier, Alessandro Petacchi marqua lui aussi cette 88e édition de son empreinte, en s'imposant pour la quatrième fois au terme d'un sprint magistral dans les rues de Milan...

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