Cyclisme

ENVOYÉ SPÉCIAL À DOHA

Tom Boonen a clôturé son Tour du Qatar exactement comme il l'avait commencé: par une victoire. A part une étape, celle d'avant-hier, le champion du monde a donc tout raflé, autrement dit 5 succès sur 6 possibles. Sans parler de sa mainmise sur le classement général!

Après coup, on se dit qu'il a vraiment raté le coche, jeudi, lorsque, pour un dérailleur qui a cafouillé dans les 500 derniers mètres de la 4e étape, il n'a terminé que 3e, loupant ainsi un grand (solo) chelem qui l'aurait fait entrer dans l'histoire du cyclisme. L'intéressé, toutefois, ne nourrissait pas de regrets. «A posteriori, c'est toujours facile d'établir des théories mais, on l'oublie parfois, le vélo est aussi un sport mécanique. Et qui dit mécanique dit aussi défaillance du matériel. Tous les coureurs savent que ce genre de chose peut arriver, cela fait partie intégrante de leur sport, de leur vie. Je constate simplement que je termine ce tour par un beau sprint victorieux, devant un grand nom du cyclisme comme Erik Zabel. Et si j'ai accumulé les lauriers ici, c'est parce que mon équipe fonctionne à merveille. Le maillot jaune, nous ne l'avons pour ainsi dire jamais défendu. Ici, nous avons pris chaque étape comme une course d'un jour. Les gens pensent peut-être que je me suis beaucoup dépensé au Qatar pour récolter tous ces bouquets mais rien n'est plus faux. On a bénéficié des circonstances de course.»

Toutefois, si les bons résultats se sont accumulés, c'est non seulement parce que l'équipe Quick Step alignée ici était faite de spécialistes en matière de course dans le vent mais aussi parce que l'entraînement foncier de l'hiver commence déjà à payer. Boonen prétend également savoir que Zabel et ses équipiers s'entraînent très longtemps mais à basse vitesse, tandis que lui-même préfère effectuer des sorties en groupe plus courtes avec davantage d'intensité.

Hier, le champion du monde admettait pour la première fois que la pression était quand même déjà bien là. «On a dit que je venais au Qatar pour m'entraîner et qu'il n'y avait aucune obligation de résultats. Mais si la première partie de ce postulat est correcte, on ne peut par contre pas prétendre qu'on n'attendait rien de moi. Si je n'avais rien gagné ici, les commentaires sur ma soi-disant méforme seraient allés bon train!»

Dans ce contexte, précisément, la condition n'est-elle pas trop tôt au rendez-vous? «Mais je ne suis pas en forme», s'exclame, avec un sourire, le coureur de Balen. «Pour Milan-Sanremo, j'aurai encore progressé de 10pc.» Vingt même, peut-être, lance un journaliste. «Non, les 20pc supplémentaires, ce sera pour le Tour des Flandres!» fuse la réponse.À présent, Boonen va se reposer un peu, avant de partir pour la Ruta del Sol. «Je vais maintenant doucement monter en régime, d'abord pour le Volk, ensuite pour la Primavera Eh oui! tout ne fait que commencer...

© Les Sports 2006