Cyclisme

Contrôlé positif à la cocaïne dans un test hors compétition le 26 mai dernier, deux jours avant le départ du Tour de Belgique, Tom Boonen ne risque a priori pas de sanctions sportives, mais bien des sanctions pénales.

Si le contrôle avait été diligenté en compétition, la prise d'un stimulant comme la cocaïne aurait conduit à un cas de dopage. Dans le cas présent, le contrôle de la Commission anti-dopage de la Commission flamande s'est déroulé deux jours avant le départ du Tour de Belgique auquel a pris part le sprinter de la formation Quick Step. "Dans les textes, la cocaïne est un stimulant et considéré comme un produit interdit par le code mondial anti-dopage uniquement en compétition", a rappellé Frédéric Donze, porte-parole de l'Agence Mondiale Anti-dopage (AMA) à l'agence Belga mardi.

"Pour ce qui est de déterminer ce qui est considéré comme un contrôle en- ou hors-compétition, il faut s'en référer aux réglements anti-dopage de la fédération concernée. Et, il est erroné de dire que l'AMA a confirmé qu'un contrôle positif ait été subi par Tom Boonen. Nous n'avons pas la gestion des dossiers, même si c'est nous qui mandations un contrôle anti-dopage. Nous ne connaissons jamais l'identité de l'athlète dans un dossier positif avant que l'organisme en charge du contrôle ne nous transmette toutes les données. Dans le cas de Tom Boonen, nous avons appris l'information par voie de presse."

Du côté de l'Union cycliste internationale (UCI), la cocaïne est un produit interdit en compétition, "mais deux jours avant une compétition, le contrôle est considéré comme hors-compétition, mais le même résultat un jour avant la course aurait conduit à un cas positif de dopage", a confirmé Enrico Carpani, porte-parole de l'UCI. Le réglement de l'UCI prévoit en effet que "en compétition, se réfère à la période qui commence le jour ou, dans le cas d'un grand tour, trois jours avant le jour du départ de la manifestation et qui se termine le jour de la fin de la manifestation à 24 heures.

Cependant, concernant la présence ou l'usage d'un stimulant interdit (ndlr, comme la cocaïne), en compétition se réfère à la période qui commence 8 (huit) heures avant le départ de la course à laquelle participe le coureur ou pour laquelle il a été confirmé comme partant." L'ex-champion du monde risque par contre sur le plan extra-sportif une peine pénale qui peut aller de 3 mois à 5 ans de prison et d'une amende de 1.000 à 100.000 euros pour possession de substances interdites, comme la cocaïne.

Laurent De Backer: "pas de nouvelles officielles"

La ligue vélocipédique belge (RLVB) n'avait pas encore été mise au courant officiellement mardi matin du contrôle anti-dopage positif subi par Tom Boonen à la cocaïne, comme l'a rapporté le quotidien néerlandophone Het Laatste Nieuws, a expliqué Laurent De Backer, président de la RLVB. "C'est à nouveau par les média que nous prenons connaissance d'un problème avec un coureur relatif à un contrôle anti-dopage", a regretté Laurent De Backer. "Ce fut déjà le cas avec Bjorn Leukemans. A présent, c'est avec Tom Boonen. Je ne peux pas encore en dire grand-chose vu que nous n'avons aucun dossier pour l'instant. Nous attendons une notification de la Communauté flamande. Je ne peux donc pas affirmer que Tom Boonen risque une sanction ou non. Nous attendrons de voir quels sont les éléments en notre possession. C'est une affaire regrettable naturellement. Mais bon, si tu mets sur la Grand Place de Bruxelles tout ceux qui ont un jour une fois pris de la cocaïne, elle serait trop petite..."

Déclarations de Van Impe et Maertens

- Lucien Van Impe (dernier vainqueur belge du Tour de France): "Ce n'est pas permis pour un sportif de haut niveau. C'est le enième coup sur la tête que doit gérer le sport cycliste. C'est stupide... se faire prendre pour cocaïne. Ce n'est pas permis pour un sportif de haut niveau. Même pas hors-compétition. J'espère que c'est un cas isolé pour Tom Boonen, mais ce ne sera de toute façon pas bon pour la suite de sa carrière."-

- Freddy Maertens (double champion du monde): "Lorsque j'ai vu la nouvelle au petit déjeuner, je suis devenu tout pâle. Tom Boonen contrôlé à la cocaïne ? Je ne peux vraiment pas le croire. Les faits sont là? Oui, mais quand même. Je veux attendre les prochaines développements de l'affaire."

Boyer: un problème de santé avant tout

Eric Boyer, président de l'Association internationale des équipes (AIGCP), a estimé mardi que le contrôle positif à la cocaïne du Belge Tom Boonen posait avant tout un problème de santé. "C'est un sportif de haut niveau, un jeune confronté à des tentations", a déclaré Eric Boyer présent sur le Dauphiné. "C'est d'abord un problème de santé avant d'être un problème de sport". "Il aurait dû faire le nécessaire pour être aidé, pour être encadré", a ajouté le président de l'AIGCP, association de laquelle l'équipe de Boonen, Quick Step, a démissionné la semaine passée. "Dans le sport et notamment dans le cyclisme, il y a la possibilité de se confier à un spécialiste, à un psychologue. Un sportif de haut niveau peut aussi être en proie au mal-être. A 25, 27 ans, on est vulnérable".

La prise de cocaïne entre-t-elle dans le champ du dopage ? "La réponse est oui s'il prend de la cocaïne pour une compétition", a répondu Eric Boyer. "Sinon, on est dans un autre domaine. Mais, les choses sont complexes compte tenu de son statut et de sa notoriété".

Boonen, contrôlé hors compétition par la Communauté flamande, n'encourt pas a priori de sanction par rapport à la réglementation internationale, la cocaïne étant seulement recherchée et interdite pour les contrôles en compétition. Mais, la question de son avenir sportif immédiat se pose, surtout à l'approche du Tour de France (5 au 27 juillet) dans lequel Boonen est candidat au maillot vert du classement par points. "La situation dans laquelle il se retrouve rejaillit sur le sport qu'il pratique", a estimé à ce sujet Eric Boyer. "Dans l'immédiat, il serait souhaitable qu'il prenne du recul".

Au programme de Boonen, champion du monde en 2005 et vainqueur du dernier Paris-Roubaix, figure le Tour de Suisse qui commence samedi.