Cyclisme Lors d’une ultime reconnaissance, les organisateurs de la Reine des Classiques ont découvert un tracé prêt à entretenir la légende.

Lundi de Pâques oblige, c’est avec vingt-quatre heures de retard que les organisateurs de Paris-Roubaix ont effectué ce mardi, à cinq jours de la Reine des Classiques, une ultime reconnaissance du tracé de la course qui mettra dimanche un terme au cycle des classiques pavées du printemps.

Christian Prudhomme, le patron d’Amaury Sport Organisation, et son adjoint Thierry Gouvenou, en charge du parcours de la classique nordiste, n’ont pas eu de (mauvaises) surprises. Il faut dire qu’il est loin le temps où leurs prédécesseurs avaient la désagréable vision, lorsqu’ils montaient dans le Nord en hiver pour préparer le parcours de la prochaine édition, de découvrir que des secteurs pavés entiers avaient été asphaltés à l’été ou l’automne précédent.

Le parcours de cette 116e édition a été revu à la marge, légèrement modifié dans sa première partie, même s’il y a un secteur inédit, dans le Cambrésis, le 25e, en ordre décroissant, entre Saint-Hilaire et Saint-Vaast. Il comporte 29 secteurs pour un total de 54,5 km de pavés, soit un demi-kilomètre de moins que l’an passé.

"On n’a pas l’intention d’aller plus loin que 55 km de pavés sur les 250 à 260 km qui font la distance de Paris-Roubaix", dit Christian Prudhomme. "En revanche, ce que nous aimons, Thierry Gouvenou en tête, c’est aller dénicher des secteurs qui n’ont encore jamais été empruntés. Il y en aura un nouveau cette année et aussi quelques-uns qui seront empruntés en sens inverse. Il y a cette année 54,500 km de pavés empruntés sur un total de plus ou moins 80 kilomètres disponibles dans la région. Notre souhait, c’est de les utiliser, de faire en sorte que les gens qui les préservent soient récompensés et valorisés par le passage, de temps à autre, de la course. Qu’il s’agisse de Paris-Roubaix ou, aussi, du Tour de France, qui emprunte à nouveau, vous le savez, depuis quelques années, les pavés. Je suis certain que Thierry Gouvenou a plusieurs tracés différents dans sa tête."

Menacés à une époque, les pavés du Nord, désormais protégés, sont sauvés.

"La légende des pavés a repris beaucoup de vigueur ces dernières années", poursuit le patron d’ASO. "Il y a cinquante ans, quand la Trouée d’Arenberg a été mise pour la première fois au tracé par Albert Bouvet (NdlR : un des prédécesseurs de Gouvenou) auquel Jean Stablinski en avait parlé, la course était certainement en danger. On a oublié que Paris-Roubaix, jusqu’en 1967, se disputait sur des routes ordinaires sur lesquelles il y avait des pavés. À partir de 1968, la course a pris une dramaturgie supplémentaire. Ce nouveau tracé a eu un vainqueur formidable, le plus grand qui puisse exister, Eddy Merckx, et depuis lors, il y a eu une appropriation par les gens du Nord des pavés, de leurs pavés, qui font partie de leur patrimoine. Il y a une protection des pavés désormais, il y a des gens qui vont les dénicher, les entretenir, des élus, des collectivités, des lycées, des Amis de Paris-Roubaix. Il y a une vraie fierté pour les pavés qui symbolisent le Nord."

Et cette année, la région accueillera même à nouveau la plus grande course : le Tour de France.

"Sur les 21,7 km que les coureurs trouveront sur leur route au Tour (NdlR : lors de la 9e étape Arras-Roubaix, courue le 15 juillet, jour de la finale de la Coupe du Monde de foot), il y en a quasiment vingt qui seront empruntés dimanche sur Paris-Roubaix", rappelle Prudhomme.

Eric de Falleur