Cyclisme Le Belge a dominé Mathieu Van der Poel à Valkenburg.

Après coup, certains pourront toujours affirmer qu’ils avaient dit que Wout Van Aert pouvait empêcher Mathieu Van der Poel de devenir champion du monde, après que celui-ci eut dominé jusqu’ici, parfois outrageusement, la saison.

Van Aert lui-même et son proche entourage, ou le sélectionneur national, répétaient depuis une dizaine de jours que le Campinois pouvait battre le Néerlandais sur le circuit de Valkenburg. Mais personne n’avait imaginé que la victoire allait se muer en démonstration et que Van der Poel devrait se contenter de la médaille d’argent, en terminant à deux minutes trente de son rival. Pour le suspense, on repassera !

"Les différences me surprennent", avouaient le triple champion du monde. "Je m’attendais à un duel aux couteaux avec Mathieu, mais pas à cela. Je savais que si je voulais m’imposer, il faudrait que je le suive durant le premier tour. C’est ce que j’ai fait. Dès le deuxième, j’ai creusé sans vraiment le vouloir un petit écart. Ça m’a donné encore plus de confiance pour la suite. Je sentais que j’étais dans un grand jour. Cela a certainement été la meilleure journée de ma vie sur un vélo."

Comme Peter Sagan

Deux chiffres en disent long sur la difficulté du tracé de Valkenburg et des conditions particulières (et très différentes du reste de la saison) qui prévalurent ce dimanche. A Hoogerheide, une semaine plus tôt, Van der Poel s’était imposé à la moyenne très rapide de 28,150 km/h. Pour enlever son troisième titre mondial consécutif, Van Aert a roulé (mais aussi pas mal couru) à la vitesse de 17,737 km/h. L’Anversois a donc réussi le triplé, comme Peter Sagan sur la route, et pourtant, personne ne peut dire qu’il domine la discipline.

"La saison de cyclo-cross dure six mois", a répété Van Aert. "J’ai déjà répondu avant la course à cette question, ce succès n’y change rien. Mathieu a prouvé qu’il était le plus fort. On ne gagne pas 25 cross par hasard. Il a perdu aujourd’hui mais sa saison restera."

Pour le Hollandais volant, la défaite est cruelle. Elle risque d’occulter en partie l’incroyable série qui était la sienne jusqu’à ce dimanche. Elle pourrait aussi avoir des conséquences psychologiques dans les années à venir. Même s’il a gagné le Mondial en 2015 à Tabor, Van der Poel vient d’être dominé, pour des raisons diverses, quatre fois sur cinq par Van Aert dans la course la plus importante de la saison.

Quatre médailles

Il y a quatre ans déjà, à Hoogerheide, dans le fief même des Van der Poel, le Belge avait contre toute attente pris la mesure de son rival dans la course arc-en-ciel des espoirs. Deux ans plus tard, Van Aert s’imposait à Zolder où le Néerlandais avait un long moment jeté le gant, incapable de surmonter un coup du sort contrairement au Belge, finalement couronné.

"Je ne voulais plus que cela arrive", admettait Van der Poel après coup, "c’est pour cela et pour le public que j’ai continué alors que, dès le deuxième tour, je savais que je ne gagnerais pas. Je ne voulais pas non plus qu’ici à Valkenburg, le podium soit entièrement occupé par des Belges (il sourit)".

Largement devancé par Van Aert, VDP dut en effet accepter aussi la suprématie de Michael Vanthourenhout, médaillé d’argent, et il profita d’une crevaison de Toon Aerts pour empêcher le triplé belge. Ce qui n’occulte nullement la bonne performance d’ensemble de l’équipe belge qui ramène quatre médailles dont trois d’or.