Cyclisme

Personne n'est dupe estime l'ancien coureur cycliste Jacky Durand à propos de la liste des tests rétroactifs du Tour de France 1998 pour lequel il aurait eu recours à l'EPO.

"J'assume mes actes. (...) Je pense de toute façon que personne n'est dupe", a réagi Jacky Durand auprès du site internet de la chaîne Eurosport dont il est le consultant depuis plusieurs années.

Le nom de l'ancien vainqueur d'étape du Tour, pour des tests rétroactifs positifs (pratiqués en 2004), a été cité par le journal Le Monde, à la veille de la publication du rapport de la commission d'enquête du Sénat sur l'efficacité de la lutte contre le dopage

"Evidemment, le grand public risque de faire l'amalgame entre ce qui se passait en 1998 et ce qui se passe actuellement", a-t-il regretté. "La nouvelle génération ne doit pas payer nos conneries du passé. Aujourd'hui, je ne pense pas à moi, mais à eux. (...) Et je ne veux pas qu'on les discrédite sous prétexte que notre génération a fait des conneries. Notre sport est bien plus propre aujourd'hui, je veux que les gens le comprennent".

"A l'époque, nous, les coureurs, avions tiré la sonnette d'alarme afin que ces pratiques cessent. Nous avions ainsi accepté que toutes nos analyses soient conservées afin d'améliorer et d'accélérer la recherche en ce qui concerne la détection de l'érythropoïétine, et ce, à titre anonyme. A la fin des années 90, c'était un jeu de massacre, le peloton était engagé dans une fuite en avant permanente. On ne savait plus comment en sortir", a expliqué l'ex-coureur mayennais (46 ans), professionnel de 1989 à 2004.

"Quand vous voulez vivre votre passion et que vous bossez comme un damné de manière propre, mais que vous êtes, malgré tout, à la rue en termes de résultats par rapport à la concurrence, vous analysez la situation. Et pour vivre votre passion, participer et réussir sur le Tour de France, vous franchissez le pas", a-t-il détaillé. "Les Français ont commencé tardivement et cessé le plus souvent plus rapidement que la concurrence".

"Je n'espère désormais qu'une chose: que le Sénat qui balance des noms en pâture apporte de véritables propositions en ce qui concerne les réformes antidopage. Sinon, toutes ces déclarations n'auront pour autre effet que de décrédibiliser notre sport, qui a fait sa révolution en matière de lutte antidopage avant la majorité des autres fédérations", a conclu Jacky Durand.

Le rapport de la commission d'enquête du Sénat, qui a auditionné 84 personnes, devrait être suivi d'une loi-cadre sur le sport mise en débat au parlement en 2014.

Lance Armstrong veut faire rejeter la plainte du gouvernement (US Postal)

Lance Armstrong a demandé mardi à un juge de rejeter la plainte de l'Etat américain contre lui en arguant que son sponsor, l'entreprise publique US Postal, avait fermé les yeux sur ses années dopage et en avait même tiré profit.

Dans sa demande, Armstrong, déchu de ses 7 victoires dans le Tour de France (1999-2005) après ses aveux de dopage, explique que "le gouvernement prétend maintenant avoir été lésé par les allégations alors que les actes (du gouvernement) de l'époque sont plus révélateurs".

"Est-ce-qu'il a suspendu l'équipe pendant l'enquête ? A-t-il demandé à son armée d'avocats et d'enquêteurs d'étudier le dossier ? Non. Plutôt que de mettre fin à sa collaboration, il a renouvelé son contrat de sponsoring avec l'équipe", a affirmé celui qui courait chez US Postal, le service postal américain qui a investi 32 millions de dollars entre 2001 et 2004.

"L'histoire derrière cette décision du gouvernement est évidente. Armstrong avait gagné le Tour de France 2000. Le gouvernement avait besoin d'un vainqueur et de toute la publicité qui va avec. Il a eu exactement ce qu'il souhaité", poursuit l'ancien cycliste, âgé de 41 ans.

En février dernier, le gouvernement s'était associé à la plainte de l'ancien coureur Floyd Landis pour tenter de récupérer les sommes versées à l'équipe cycliste.

Le Texan évoque aussi un délai de prescription pour demander au juge de ne pas donner suite à cette plainte que le gouvernement a déposée au nom de l'US Postal, l'ancien sponsor de l'équipe, contre Armstrong et ses coéquipiers.