Cyclisme Avec l’absence de Gilbert, les espoirs de victoire belge reposent sur les épaules du Trudonnaire.

Toujours très calme et relaxé, Tim Wellens a pris le temps de débriefer la Flèche Wallonne ce mardi soir à son hôtel situé à La Louvière. Pour la quatrième fois de sa carrière, le coureur de la Lotto-Soudal va prendre part à la classique wallonne. Cependant, cette saison, les plans du Monégasque d’adoption devraient peut-être un peu changer.

"Tout dépend de la course évidemment mais j’estime qu’il est maintenant préférable d’attendre le Mur de Huy et d’accélérer dedans", explique le double vainqueur sur la dernière Ruta del Sol.

Les années précédentes , Wellens avait pris l’habitude d’anticiper avant le Mur. "Un effort dans le Mur de Huy, c’est un peu de plus de 2 minutes. Tu dois essayer de te placer correctement au pied et d’être dans le top 10 mais ce n’est pas évident. Ce que je sais, c’est que ça devient compliqué à’environ900 mètres de l'arrivée. Il faut aussi essayer de prendre l’extérieur du virage qui est au-delà des 20 %. Il ne faut pas commencer trop vite dans ce Mur car c’est simplement impossible de tenir la distance jusqu’’au bout. "

Traditionnellement, le Mur de Huy est le juge de paix de la Flèche Wallonne. Peut-on s’attendre à autre chose qu’un scénario où le peloton arrive groupé au pied de la bosse hutoise ? "Si la course se durcit vraiment, je pense qu’on peut, éventuellement, éviter ce scénario", glisse Wellens. "Les côtes ont été rassemblées dans les deux derniers tours et je pense qu’un groupe pourrait sortir dans le final." Un final dont il connaît les moindres recoins, vu qu’il s’entraînait dans cette partie de la Belgique à l’époque où il vivait toujours à Saint-Trond. "Je ne pense pas que ça soit vraiment un avantage", explique-t-il. "Le dernier tour, tout le monde le connaît ! "

Dans les grands favoris, Valverde fait évidemment figure d’épouvantail. Le quadruple vainqueur de la Flèche sort d’une victoire au Tour du Pays Basque où il a épaté la concurrence . "Valverde est coureur très talentueux", confirme Wellens . "Il possède une énorme expérience, il est sûr de lui et en plus il roule presque sans stress. Personnellement, j’ai été un peu en retrait sur le Tour du Pays Basque parce qu’on a tiré les leçons de l’année dernière. Mon pic de forme est tombé un peu trop tôt et je n’étais plus à 100 % pour Liège-Bastogne-Liège, ce que je veux absolument être cette saison. Cette saison, je n’ai pas joué la gagne dans la moindre étape au Tour du Pays Basque mais je pense qu’il aurait été incompatible pour moi de rouler à fond le Pays Basque puis d’arriver en pleine forme à Liège. " Durant l’Amstel Gold Race, il n’a pas manqué grand-chose au double vainqueur de l’Eneco Tour pour revenir sur le groupe Gilbert. "Je me suis un peu rassuré lors de l’Amstel Gold Race", avoue-t-il. "J’ai été acteur dans le final avec des gars comme Van Avermaet et Valverde, ce qui me satisfait. J’ai senti que j’avais des bonnes sensations." Un état de forme qu’il faudra confirmer sur une course où de nombreux supporters seront une nouvelles fois acquis à la cause du sympathique coureur limbourgeois. Sans oublier que désormais, il sera le co-leader de sa formation avec Jelle Vanendert, contrairement à l’an dernier où Gallopin avait été aligné sur les classiques ardennaises.


"Je me plais à Monaco"

Exilé sur le rocher, Tim Wellens aime sa vie dans le sud de la France.

Vainqueur très tôt dans la saison (dès le mois de janvier), Tim Wellens a relié ses solides performances de début d’année à son déménagement à Monaco, l’été dernier. Il a pu grâce à cela vivre un hiver plus doux et s’entraîner dans de meilleures conditions et arriver dans le peloton avec une bonne forme très vite.

"Je suis très content de mon choix de vivre à Monaco, je m’y plais bien là-bas", souffle le vainqueur d’étape du Giro 2016. "J’avoue tout de même que ça ne me déplairait pas de revenir plus souvent en Belgique pour rendre visite à ma famille et à mes parents mais c’est un peu délicat avec le règlement des autorités monégasques. Tu ne peux pas dépasser un quota de jours hors de Monaco."

Sans oublier que sa compagne, Sophie Daniels (originaire du Hainaut), s’est aussi très bien acclimatée à la vie dans le sud de la France. "Elle a d’ailleurs trouvé du boulot à mi-temps comme comptable, ajoute-t-il. Elle peut choisir de travailler le matin ou l’après-midi, ce qui est pratique. Elle peut arranger son temps comme elle le souhaite. Le seul point négatif, c’est que maintenant, à cause de son travail, elle n’a pas pu revenir cette semaine en Belgique pour les courses !"

Wellens compte pourtant bel et bien revenir au terme de sa carrière. Le Trudonnaire a d’ailleurs acheté un terrain sur les hauteurs de Huy, pas très loin du Mur. "Je compte faire bâtir et habiter dans ce coin un jour. Ce n’est pas très loin de Saint-Trond, d’où est originaire ma famille, donc c’est un très bon emplacement."

Un coin qu’il connaît effectivement par cœur tant il a passé sa jeunesse et sa fin d’adolescence à s’entraîner sur ces routes. "Avant, je passais souvent par Huy. Tous les samedis, il y avait un groupe de cyclistes qui démarrait de Waremme, qui descendait sur Huy et qui revenait par la vallée. Par contre, même si nous venions ici, je ne montais que rarement le Mur de Huy, il ne faisait pas partie de mon programme habituel. C’était très chouette de rouler dans les environs. Maintenant, je dois bien avouer que je ne connais pas du tout les routes du début de la Flèche wallonne. Par contre, dès qu’on arrive tout près d’Amay, je retombe dans des endroits connus."


Wellens ratait l’école le jour de la Flèche

Plus qu’avec Liège-Bastogne-Liège, Wellens a un lien affectif particulier avec la Flèche wallonne depuis son plus jeune âge. "Avant, la tradition était de partir de Saint-Trond en vélo avec mon papa, de s’arrêter sur le parcours et terminer au Mur de Huy", détaille le coureur de la Lotto-Soudal. "Je n’allais même pas à l’école ce mercredi-là ! Enfin, j’exagère peut-être un peu. Je pense que je quittais l’école vers 11 h au lieu de rester jusqu’à 13 h.J’en garde en tout cas de très bons souvenirs et aujourd’hui, je suis très fier de rouler moi-même sur la Flèche en tant que cycliste pro. Je me souviens que c’était l’époque ou Davide Rebellin dominait ses adversaires dans le Mur, j’étais impressionné par ce cadors du peloton à l’époque." Pour rappel, Rebellin s’est imposé au sommet du Mur de Huy à trois reprises, en 2004, 2007 et 2009.


Wellens rentrera à Saint-Trond.. à vélo !

Le lieu de naissance de Wellens, et là où il a grandi, n’est qu’à une petite quarantaine de kilomètres de la ligne d’arrivée. Le coureur, originaire de Saint-Trond, a même prévu de s’octroyer une petite sortie… après la course. "Normalement, je rentre tout doucement à vélo de Huy avec mon frère jusqu’à Saint-Trond", explique Wellens. "Il prend un jour de congé spécialement pour suivre la course et après on rentre ensemble."

Son papa sera aussi sur les bords de la route pour le supporter et lui apporter son aide, si besoin. "Mercredi, c’est le jour de fermeture du magasin (NdlR : les parents de Tim Wellens ont un magasin de vélos à Saint-Trond) . Mon papa adore regarder à l’avance le parcours et cocher les endroits où il peut s’arrêter et me voir passer. Il m’indique à l’avance où il est et des fois, il me donne des bidons. Cette année, je lui ai dit qu’il n’y avait pas besoin parce que l’équipe était bien organisée au niveau du ravitaillement." En revanche, son grand-père maternel, qui le suit sur les courses depuis son plus jeune âge, ne sera pas du déplacement. " Pour la Flèche , il m’a dit qu’il préférait regarder à la télévision. Mais il ira sur le parcours avec mon papa, ce dimanche, à Liège-Bastogne-Liège. "