Cyclisme En grande forme et en soutien de Wellens et Benoot, Vanendert espère dynamiter la Flèche.

Un seul nom revient constamment quand il s’agit d’évoquer la Flèche wallonne : celui d’Alejandro Valverde. L’Espagnol visera ce mercredi un cinquième succès d’affilée au sommet du Mur de Huy. Et une sixième victoire dans la première des deux classiques wallonnes.

"Tout le monde sait qu’il est le grand favori pour mercredi", confirme Jelle Vanendert. "Il n’y a pas beaucoup de coureurs qui veulent aller avec lui au pied du Mur de Huy pour l’arrivée."

Ce qui signifie que la guerre pourrait être déclarée plus tôt que d’habitude sur la Flèche wallonne ? "Ça, c’est toujours très difficile à prévoir", répond le grimpeur limbourgeois, qui est en grande forme, lui qui vient de terminer dixième de l’Amstel Gold Race. "Sur la Flèche, cela reste difficile de changer le scénario de la course. Si tu attaques dans la côte de Chérave, c’est déjà trop tard pour éviter un regroupement avant la dernière montée du Mur de Huy. Peut-être qu’avec le nouveau parcours de cette année, avec le passage par les montées de La Vecquée et de La Redoute, cela pourrait un peu changer le scénario. J’espère que le tempo sera très élevé toute la journée, comme cela a été le cas à l’Amstel Gold Race. Afin qu’il y ait une grosse fatigue dans le peloton, pour avoir une chance d’attaquer. J’espère donc que ce sera plus ouvert que d’habitude."

Généralement , le grand public et de nombreux suiveurs répètent qu’ils s’ennuient sur les Ardennaises après avoir apprécié le spectacle des Flandriennes. Comment les coureurs spécialistes des courses wallonnes, qui suent dans les côtes ardennaises, jugent-ils ce sentiment ? "Je le comprends, tout simplement", répond le coureur de Lotto-Soudal, qui misera sur Tim Wellens et Tiesj Benoot ce mercredi. "Les courses flamandes, par leurs caractéristiques, avec des petites routes sinueuses, des pavés et des monts, sont plus propices au spectacle. Car quand cela casse, c’est plus difficile pour le peloton de se reformer. Sur les Ardennaises, les meilleurs sont devant dans les côtes, mais après, il y a souvent des grandes routes, sur lesquelles cela a toujours tendance à revenir de l’arrière. Surtout que les leaders ont tendance à attendre le retour de leur coéquipier. Ce sont des courses différentes."

Mais, on l’a compris, Jelle Vanendert et ses coéquipiers pourraient avoir envie de dynamiter la course assez vite ce mercredi.


"J'étais déçu dimanche à l'Amstel"

Offensif sur la dernière Flèche brabançonne, où il a bien servi de rampe de lancement à Tim Wellens, qui s’y est imposé, Jelle Vanendert a confirmé sa grande forme dimanche, à l’Amstel Gold Race, où il s’est classé 10 e . "J’étais vraiment bien aux Pays-Bas : malheureusement, j’ai été piégé par la cassure dans une descente" , regrette le Limbourgeois. "J’étais vraiment déçu, car je n’ai pas été lâché à la pédale mais sur une erreur de placement. Mais j’étais content de mon niveau."

Qui confirme ses excellentes sensations de ces dernières semaines. "Je sens depuis le Tour du Pays basque que mon niveau montait bien progressivement", continue Jelle Vanendert. "Et je suis arrivé au top de ma condition pour cette semaine ardennaise. J’étais bien présent sur l’Amstel (NdlR: où il s’est déjà classé deux fois deuxième). Et j’espère à nouveau l’être mercredi et dimanche."

Quel y sera son rôle ? "Mercredi, je roulerai plus pour Tim Wellens et Tiesj Benoot, mais j’irai peut-être aussi dans une échappée pour les aider", répond celui qui s’était classé quatrième de la Flèche, en 2012. "Dimanche, en fonction des circonstances de courses, j’aurai peut-être plus d’opportunités pour moi. Mais ce sera en fonction des sensations de Tim et de Tiesj."

"Tim et Tiesj sont forts et malins"

Jelle Vanendert aime son rôle de capitaine de route auprès des jeunes leaders

Abonné aux places d’honneur sur les classiques ardennaises (il compte trois Tops 6 et six Tops 20 à la Flèche wallonne et neuf Tops 30 dont cinq Tops 20 sur Liège-Bastogne-Liège), Jelle Vanendert n’hésitera pas, à nouveau, à la jouer collective mercredi et dimanche.

"Je suis là pour aider les leaders, c’est mon rôle et ce n’est pas nouveau, je le faisais déjà avant pour Philippe Gilbert", rappelle ce coureur de 33 ans. "Je le fais désormais pour Tim Wellens et Tiesj Benoot. C’est différent. Phil était plus âgé quand je roulais à son service. Ici, j’ai désormais beaucoup plus d’expérience et j’encadre ces jeunes leaders."

En qui il croit. "Oui, ils progressent vraiment bien, ils sont forts et malins, ils gèrent de manière très intelligente leur carrière et ils prennent le temps de grandir", décrit-il. "Ils sont différents, mais ils travaillent de la même manière. Je n’hésite pas à les conseiller. Et je suis heureux quand je vois que mes conseils portent leurs fruits."

Le trentenaire attend aussi une prochaine éclosion de Bjorg Lambrecht. Vainqueur de Liège-Bastogne-Liège espoirs l’an passé, ce néo-pro va disputer sa première Flèche wallonne, ce mercredi. "Il faut encore un peu patienter, Bjorg vient d’arriver chez les pros, mais il a déjà montré de très belles choses", termine Jelle Vanendert. "Je viens de disputer les Tours de Catalogne et du Pays basque avec lui et j’ai pu voir qu’il a beaucoup de talent. Il apprend vite. Et dans deux ou trois ans, on en reparlera sans doute beaucoup plus !"