Cyclisme

Liège-Bastogne-Liège, Frank Vandenbroucke (34 ans) est encore coureur cycliste après être tombé dans la drogue et effectué une tentative de suicide. A l'occasion de ce dixième anniversaire, l'ancien prodige du cyclisme belge est revenu dans la presse de son pays sur son parcours hors normes. "Je me sens à nouveau coureur", estime "VDB" qui, à 34 ans, porte cette saison les couleurs de la modeste équipe Cinelli et espère participer à l'avenir au Tour des Flandres et à Liège-Bastogne-Liège: "Voilà des mois que je travaille à mon retour. J'ai subi une opération au genou en juillet 2008. Elle était indispensable car je ne parvenais même plus à monter une rangée d'escaliers".

Vandenbroucke lance des offres de service, dans les colonnes du journal Le Soir: "J'espère que mes résultats interpelleront un employeur pour la saison prochaine. De nouvelles équipes sont annoncées en 2010 avec de nouveaux sponsors." Sinon, l'ex-enfant terrible du cyclisme belge aimerait devenir manager: "Encadrer des jeunes, les conseiller, vivre avec eux les moments les plus compliqués, c'est de mon ressort !" De sa victoire de 1999, son dernier succès marquant, "VDB" garde le souvenir d'un bonheur "un peu irréel": "Je me voyais gagner Liège encore deux fois, le Tour des Flandres, un ou plusieurs championnats du monde. (...) Je ne connaissais pas ma fragilité humaine."

Quelques jours plus tard, le Belge était interpellé en France par la brigade des stupéfiants, en même temps que son coéquipier français Philippe Gaumont, dans le cadre de l'affaire dite Sainz-Lavelot. De Bernard Sainz, Vandenbroucke dit: "Il m'a tout appris, ma position sur le vélo, la récupération, l'entraînement, la préparation psychologique." Quant à l'usage de produits dopants, type EPO qui était alors interdit mais indétectable -un arrêt de travail était établi si l'hématocrite dépassait 50 %-, "VDB" s'en tire par une phrase révélatrice de la mentalité de l'époque dans le peloton: "Je n'ai jamais dépassé les limites de la légalité dans le vélo, j'ai toujours respecté les règles telles qu'elles étaient établies."

Le Wallon de Ploegsteert met en garde, en revanche, sur la drogue et ses ravages: "Je suis rapidement devenu dépendant. Je n'ai rien pu faire pour enrayer le processus destructeur." "Si, physiquement, vous êtes convaincu d'être guéri, votre cerveau, chimiquement, réclame le produit", explique-t-il avant d'avouer: "Je ne me prétends pas guéri, je reste aux aguets mais ma plus grande fierté, ma plus belle victoire, aujourd'hui, c'est d'être en vie".