Cyclisme

L'ancien coureur français Philippe Gaumont s'apprête à relancer un pavé dans la mare en publiant un livre intitulé «Prisonnier du dopage» à paraître le 7 juin aux Editions Grasset, l'auteur ne se privant pas de citer nommément ses anciens collègues et notamment deux Belges: Jo Planckaert et Frank Vandenbroucke. Dans ce livre, Gaumont fait des révélations sur les dessous du cyclisme, avance ses vérités sur les problèmes de dopage et explique les liens avec les problèmes de toxicomanie en découlant.

L'ancien coureur, dont la carrière s'est arrêtée en janvier 2004 suite à l'éclatement d'une affaire touchant l'équipe française Cofidis et à ses aveux de dopage, accuse notamment Frank Vandenbroucke d'avoir fourni un pot belge à la veille de leur interpellation par la brigade des stupéfiants parisienne en 1999. «A partir de là, il s'est replié sur lui-même et est devenu dépendant de certains produits», ajoute-t-il à propos de VDB. Un chapitre entier est consacré à l'ancien grand espoir du cyclisme belge. Il y évoque notamment la consommation de Stilnox, «un somnifère qui fait perdre la tête quand on en avale plusieurs cachets» et que les coureurs prenaient afin de contrer les effets de la caféine et autres excitants qu'ils ingurgitaient l'après-midi.

Concernant Jo Planckaert, Gaumont précise que le coureur flamand lui avait déconseillé de se procurer de l'oxyglobine, une hémoglobine de synthèse à usage vétérinaire car il lui avait procuré des maux de ventre lorsqu'il l'avait utilisé.

Dans son livre, le Français explique encore comment un médecin italien juste avant le Tour de France 1998 (où allait éclater l'affaire Festina) «envoyait en colis express de l'EPO et des hormones de croissance, emballés dans des packs de glace....» et avoue avoir «ingurgité tout ce que les médecins lui donnaient, sans poser de question. J'avalais tout ce qui était susceptible de me faire avancer plus vite. À aucun moment, en dix ans, je n'ai imaginé qu'on pouvait faire du vélo autrement.» «Beaucoup de coureurs n'avaient plus de limites et abusaient dangereusement» de l'EPO, écrit encore Philippe Gaumont.

© Les Sports 2005