Cyclisme

Dans le lobby d’un hôtel sans âge à la gare de Terni, au cœur de l’Ombrie, Greg Van Avermaet s’annonce par la mélodie d’un sifflotement. Serein, épanoui et détendu, le double vainqueur du Circuit Het Nieuwsblad a peaufiné sur Tirreno-Adriatico (36e du général final après avoir porté durant une journée le maillot bleu de leader) une condition qui le gonfle de confiance. Rencontre.

Greg, est-ce une surprise pour vous d’être en aussi bonne condition après le coup d’arrêt consécutif à votre chute de novembre ?

"Un petit peu, oui. Je m’attendais à accuser un retard plus important mais pense désormais être de retour à un niveau équivalent que l’année dernière à la même période. Je suis logiquement très content d’une forme qui m’a permis de remporter la course la plus importante que comptait mon calendrier jusqu’ici : le Nieuwsblad. Je suis parfaitement dans les clous pour les prochaines échéances et prêt pour accomplir une belle année."

Avez-vous travaillé encore plus dur cet hiver pour rattraper vos quatre semaines sans vélo ?

"J’ai beaucoup roulé en janvier mais c’est, de toute façon, chaque année l’un des mois clés dans ma préparation. J’ai passé beaucoup de temps en Espagne pour bénéficier de conditions optimales. Je me connais désormais bien et sais qu’un gros boulot est nécessaire à cette période pour construire la condition. Lors de ma reprise, sur le Tour de Valence, j’avais senti que je n’étais pas trop mal mais que je ne m’appuyais pas encore sur la forme que je possède actuellement. J’avais besoin du rythme de quelques courses pour parfaire celle-ci."

Notre consultant Rik Verbrugghe, qui est aussi votre beau-frère, nous a confié que vous n’aviez pas besoin de beaucoup de courses ou d’entraînement pour arriver en condition. Partagez-vous son analyse ?

"Oui, je crois que je peux m’appuyer sur un niveau correct tout au long de l’année. L’une de mes plus grandes forces est sans doute ma régularité. Ma forme oscille entre le bon et le très bon (rires) . Après ce sont les parcours qui me permettent de tirer profit, ou non, de celle-ci. Sur un tracé tout plat, même si je suis à mon top, il me sera toujours plus difficile de faire la différence."

Vous êtes protagoniste des courses sur lesquelles vous vous alignez de février à octobre. Une omniprésence qui se fait de plus en plus rare dans le cyclisme moderne. Cela traduit-il votre vision du vélo ?

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