Cyclisme

"Je pense ne jamais avoir été autant sollicité par les médias que ces derniers jours. C’est à cela aussi que l’on mesure la grandeur de Paris-Roubaix."

Installé dans le lobby d’un l’hôtel de Melle où son équipe Orica-Scott a installé son camp de base, Mathew Hayman enchaîne les interviews avant de se rendre sur un plateau télé en soirée pour l’enregistrement d’une émission de la VRT.

Vainqueur surprise de l’Enfer du Nord il y a un an, l’Australien a changé de statut ce jour-là à un peu plus d’une semaine de ses trente-huit ans.

"Durant ma carrière, j’ai essentiellement travaillé pour les autres mais je demandais de pouvoir jouir d’un peu plus de liberté pour une course en particulier : Paris-Roubaix. Elle m’a toujours fasciné et j’étais convaincu de pouvoir un jour y réussir un truc. L’année dernière, après ma fracture du coude sur le Nieuwsblad , je me suis paradoxalement aligné sur l’ Enfer du Nord dans un autre état d’esprit. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Et dire que j’avais failli tout plaquer quelques semaines plus tôt après ma chute lors du week-end d’ouverture belge…"

Sur le vélodrome roubaisien, le natif de l’état de Victoria devança un certain Tom Boonen que beaucoup imaginaient déjà vainqueur. "Devancer le quadruple vainqueur de l’épreuve a assurément donné encore plus d’éclat à ma victoire. Plusieurs des coureurs que j’ai devancés ce jour-là étaient, normalement, plus rapides que moi mais je pense avoir su tirer pleinement profit de mon expérience. Dans les catégories de jeunes, j’ai beaucoup couru sur la piste avant d’ensuite effectuer pas mal de boulot pour emmener des sprinters. Je sais donc comment me placer. Je sais que toute la Belgique espérait un succès de Boonen mais peut-être votre pays doit-il désormais me remercier. Sans moi, Tom ne serait sans doute déjà plus coureur…"

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