Cyclisme

Wim Vanhuffel a été l'incontestable et excellente surprise belge du 88e Tour d'Italie. Le coureur flandrien, 26 ans depuis samedi seulement, était parti sans prétention sur les routes du Giro. «En arrivant au prologue, je n'avais absolument pas fait du classement final un objectif, expliquait-il hier. Je pensais bien jouer un rôle un jour ou l'autre dans une étape de montagne, mais j'étais aussi certain que je subirais un jour sans et devrais, tôt ou tard, finir une étape dans le gruppetto, à une demi-heure des premiers. Ce jour n'est jamais arrivé...»

Trois semaines plus tard, sa 11e place finale à Milan, à un peu moins de quatorze minutes de Paolo Savoldelli, mais surtout ses exploits en haute montagne laissent augurer des lendemains très intéressants pour le coureur de Davitamon- Lotto. Ses supporters ne s'y sont pas trompés, eux qui ont fêté Wim Vanhuffel dimanche soir, dès son retour dans son village de Meilegem, et hier encore, le Flandrien fut reçu avec tous les honneurs à Nazareth au siège d'Omega Pharma (Davitamon), le commanditaire principal de sa formation.

«Je suis en forme»

On retiendra des trois semaines du 88e Tour d'Italie que l'on vient de vivre qu'il y avait longtemps qu'un coureur belge n'avait pas donné une aussi bonne impression en haute montagne. Vanhuffel a fini 6e au Zoldo Alto, 11e à Livignio, 4e au Colle di Tenda et 5e à Sestrière, chaque fois avec les meilleurs...

«Je sais que, si je veux obtenir un jour un excellent résultat dans un grand tour, je dois vraiment améliorer mes performances dans les chronos, mais quand je vois ce que Basso a fait, sans perdre ses qualités de grimpeur, cela me donne de l'espoir», affirme encore Vanhuffel.

A 26 ans, après trois ans passés chez «Vlaanderen», Vanhuffel explose. «J'avais été stagiaire chez Lotto en 2001, mais je n'avais pas reçu ma chance alors, raconte-t-il. Je ne regrette pas mon passage chez Vlaanderen, même s'il était temps, après trois saisons, de partir dans une grande équipe.»

«Au moment où nous formions le noyau il y a quelques mois, expliquait Herman Frison, l'un des directeurs sportifs de l'équipe, Marc Coucke, le patron de Davitamon, m'avait demandé de lui citer le nom d'un coureur qui pourrait le surprendre et j'avais répondu Vanhuffel. Je savais que c'était un excellent coureur depuis les catégories de jeunes, mais aussi l'an passé (NdlR: Vanhuffel avait fini 4e de la dernière étape du Tour du Languedoc gagnée par Armstrong et 8e du difficile Tour d'Autriche). Pourtant, sur ce Giro, nous avions décidé de le laisser grandir, il a travaillé en début de course pour McE wen ou pour boucher des trous. Ce n'est qu'avec le temps qu'on s'est rendu compte qu'il pouvait espérer un classement final.»

Une semaine après avoir fini le Giro, le Flandrien sera dimanche au départ du Dauphiné libéré. Avec un autre statut. «Je suis en forme, j'irai avec ambition, concède-t-il. Je sais qu'une étape se termine au Ventoux, mais la seule chose que j'en connaisse, c'est pour l'avoir vu de l'autoroute. C'est une course difficile, dans les Alpes, cela doit me convenir. Il y a aussi une étape qui se termine à Joux- Plane. Si tout se passe comme au Giro, je peux espérer un bon classement.»

Et découvrir le Tour en 2006!

© Les Sports 2005