Cyclisme Fabio Jakobsen a remporté la classique des sprinters à 21 ans, comme le Britannique.

"Nos jeunes ont bien compris notre esprit d’équipe collectif", nous expliquait Rik Van Slycke, le directeur sportif de Quick Step, pour présenter ce Grand Prix de L’Escaut. Fabio Jakobsen en a apporté une nouvelle preuve, ce mercredi, en remportant l’épreuve. Au terme d’une course marquée par l’exclusion de 35 coureurs, dont des favoris comme Démare et Groenewegen, pour avoir franchi un passage à niveau en train de se fermer.

"J’avais vu avant le départ que j’étais placé en quatrième position sur un site de pari sportif : avec Démare et Groenewegen en moins, je me disais dès lors que je devais finir sur le podium !", sourit celui qui a remporté la classique des sprinters à 21 ans à peine, lors de sa première saison chez les pros. Comme un certain Mark Cavendish… "Oh, cela fait une fameuse comparaison", poursuit le Néerlandais. "Mark est un super-sprinter. J’espère gagner autant que lui. Et même faire mieux !"

Des propos qui montrent la grande ambition de celui qui vient de décrocher sa deuxième victoire en un mois, après s’être imposé à Nokere. "Je vis un rêve actuellement, je gagnais beaucoup chez les espoirs, mais de là à le faire si vite chez les pros, à ce niveau, c’est incroyable", explique-t-il. "Mais je suis dans une super-équipe. Elle a un énorme esprit collectif. C’était fort de voir dans le final Keisse ou Stybar bosser pour moi. Je ne dis pas que cela a été tout seul avec eux, surtout avec ce froid, mais j’étais vraiment bien lancé. Normalement, c’est Alvaro Hodeg qui devait me lancer, mais il a été victime d’un ennui mécanique dans le final. Chez Quick Step, nous roulons les uns pour les autres. J’avais lancé Alvaro lors de sa victoire à Handzame. Cette fois, c’était pour moi."

Jusqu’où ce jeune Néerlandais, dont le prénom Fabio vient de celui de Casartelli ("décédé juste avant ma naissance", précise-t-il), peut-il aller ? "Gagner l’Escaut, qui est le Championnat du Monde officieux des sprinters, est vraiment idéal pour la confiance", répond-il. "Je veux continuer à progresser, à franchir chaque année un nouveau pas. J’aime les pavés, les courses flamandes, mais je sais aussi que j’ai un atout avec mes jambes de sprinter. Je rêve donc de parvenir à gagner des étapes sur les Grands Tours. Y compris celui de France."

Lauréat de la 25e victoire de la saison déjà pour son équipe, il espère évidemment voir un de ses coéquipiers décrocher un nouveau succès, dimanche, sur les routes de Paris-Roubaix. "Ce serait magnifique si Stybar parvient à la décrocher", précise-t-il.

"Jakobsen est très ambitieux"

Dans le giron de la Quick-Step Floors, c’était encore une fois avec le sourire aux lèvres que le staff est venu parler à la presse. C’est peu dire que les hommes de Patrick Lefevere survolent le printemps.

Cette fois-ci, c’est la petite pépite Fabio Jakobsen qui s’est illustrée. "C’est un coureur qui connaît les polders et la région", glisse son directeur sportif, Wilfried Peeters. "Jakobsen est un jeune coureur très talentueux et qui avait envie de se montrer rapidement dans le peloton. Il est très ambitieux. Il s’est vite acclimaté à notre équipe et n’a pas hésité à faire la course ce mercredi."

Après Groenewegen, les Pays-Bas tiennent avec Jakobsen un autre coureur rapide de grand talent. Leur duel risque de faire saliver les supporters bataves dans les années à venir. "On avait convenu que sur l’Escaut, l’équipe allait jouer sa carte", renchérit Peeters. "Je ne sais pas si on peut le comparer à Groenewegen. Il est encore jeune et va progresser mais il ne passe pas trop mal les bosses. Puis, honnêtement, je savais qu’il avait de grandes qualités, mais le fait qu’il gagne si vite me surprend."