Cyclisme

La pluie est annoncée, le vent aussi. La saison cycliste belge ne pourra mieux débuter samedi, à l'occasion du Het Volk, classique empruntant monts et pavés et dont les coureurs flamands restent les plus brillants protagonistes.

Ce sera l'occasion pour Johan Museeuw, de démontrer qu'il est un champion hors du commun, un homme hors normes.

Quand, un jour du mois d'août 2000, Johan Museeuw se promenant au guidon de sa Harley Davidson avec sa femme et l'un de ses fils, a été violemment percuté par une automobile, personne n'imaginait qu'il pourrait un jour revenir dans le peloton. Encore moins y tenir le premier rôle.

Relevé avec une nouvelle fracture du genou mais surtout un très grave traumatisme crânien, faisant craindre pour sa vie, le triple vainqueur du Tour des Flandres, était confronté, à 35 ans, à une nouvelle épreuve.

Comme celle qu'il avait surmontée en 1998 quand il s'était fracturé la rotule en chutant sur les pavés de Paris-Roubaix, ou encore en 1992 quand il s'était fracturé la jambe sur une route espagnole, deux jours avant le championnat du monde de Benidorm.

Quiconque, à la place de celui qui est affectueusement surnommé «le dernier des Flandriens» statut faisant référence à ses qualités de coureur cycliste et à son grand courage dans l'effort, se serait effondré puis consacré à sa vie de jeune retraité.

Mais Johan Museeuw n'est pas un homme comme quiconque. Il a une nouvelle fois relevé le défi. Montrant au destin qu'il serait le seul à décider de la date de son arrêt.

Démontrant aussi sa fidélité envers son directeur sportif Patrick Lefévère, atteint d'une grave maladie l'automne dernier au moment où il concrétisait le projet d'une nouvelle équipe cycliste belge, Domo-Farm Frites, s'articulant autour de Museeuw et du champion du monde Romans Vainstens.

Alors dès que possible, le dernier vainqueur de Paris-Roubaix a intensifié sa rééducation, puis est remonté sur son vélo, pour, dès le mois de décembre effectuer des sorties quotidiennes de trois heures, par tous les temps, travail foncier assorti de longues séances de musculation.

Ce samedi, sur le bord des routes de Gand à Lokeren, des milliers de Flamands viendront lui affirmer leur soutien et leur admiration.

«Johan n'est pas en aussi bonne forme que l'an dernier quand il avait remporté le Het Volk, assure Patrick Lefévère. Cela n'est pas inquiétant dans la mesure où il est important d'être en forme dans un mois, juste avant le Tour des Flandres. Profitant de bonnes conditions climatiques, Johan est resté toute cette semaine en Espagne en compagnie de ses équipiers Peeters, Cretskens et Rodriguez mais dans cette course, même à 80 pc de ses moyens, il jouera un rôle. Il peut même l'emporter.» Ce circuit Het Volk, qui n'a échappé aux Belges qu'à six reprises depuis 1945 et dont Ernest Sterckx et Josef Bruyère sont les recordmen des victoires (3), sera l'occasion d'une première confrontation entre l'équipe Domo, bâtie pour les classiques, et la Mapei, lauréate de la Coupe du Monde en 2000.

Museeuw, Vainstens et Van Heeswijk contre Bartoli, Steels et Nardello. Ce combat promet par son intensité et ce d'autant plus qu'il sera arbitré par la formation Lotto (Tchmil, Van Dijk) dont le mois de février a été impressionnant, par la Deutsche Telekom d'Erik Zabel déjà victorieux à cinq reprises et Rabobank.

Les équipes françaises se déplaceront en Flandres avec ambition. La Française des Jeux (Durand, Jean-Patrick Nazon, Guesdon, Mengin), AG 2r (Kirsipuu) et Bonjour (Damien Nazon) tenteront de décrocher leur billet pour le Tour des Flandres, déjà garanti à Festina, Crédit Agricole (O'Grady) et Cofidis (Planckaert). (REUTERS)

© La Libre Belgique 2001