Cyclisme

Au-delà de Devolder, Dirk Demol, directeur sportif d’Astana, pose un regard sur les coureurs belges et ses possibilités. Pour le Flandrien, le véritable espoir se nomme Jurgen Van Den Broeck.

"Jurgen effectue un super Tour de France", analyse l’ancien vainqueur de Paris-Roubaix. "C’est à mes yeux le meilleur Belge pour les grands tours. On le savait déjà quand il avait vingt ans. C’est quelqu’un de fragile, qui a eu besoin de progresser lentement. Il a eu de la chance de passer trois ans dans notre équipe (NdlR : chez Discovery) où on l’a laissé tranquille en travaillant son futur. Ailleurs, il aurait dû faire trop de courses et serait sans doute déjà usé." Pour Dirk Demol, le Tour de "VDB" confirme son excellent Giro de l’an dernier. "J’attendais cette confirmation", dit-il. "Quant il aura réussi deux, trois "Top10" dans les grands tours, il pourra être leader d’une équipe au Tour. Un "Top 10" me semble tout à fait dans ses cordes et même un "Top 5" , voire mieux. Il grimpe, c’est un excellent rouleur et on voit qu’il récupère vraiment bien."

Sur Maxime Monfort, Demol est aussi enthousiaste, même si, hier, le Wallon a connu un mauvais jour.

"Van Den Broeck a plus de classe pure que Maxime, poursuit notre compatriote. Mais chapeau pour tout ce que Maxime a fait pour son équipe, comme boulot, et cela depuis le début de la saison. Il a même roulé pour Cavendish. Lui aussi, peut espérer une place parmi les dix premiers un jour, mais pas mieux."

Le Tour complètement raté de Stijn Devolder n’a surpris qu’à moitié Dirk Demol. "Quand je l’ai vu en difficulté au Dauphiné, début juin, je me suis dit qu’il lui restait énormément de travail", explique celui qui fut durant quatorze ans son directeur sportif. "On ne peut pas grandir au Tour." Devolder a donc suivi la préparation inverse de l’an passé.

"En effet, cette fois il n’en a sans doute pas fait assez", poursuit Demol. "L’an passé, j’aurais dû plus le surveiller. Il a voulu reproduire la préparation qu’effectuait Armstrong. Mais Lance n’a jamais roulé les classiques. Après son abandon, il m’a avoué qu’il avait roulé au moins 35-40 heures de plus que son programme. Quand il devait faire 4 h, il en roulait 5 h 30. Quand, c’était 5 h, il sortait 7 h."

Enfin, il y a aussi les coureurs qui ne sont pas au Tour. "J’attends pour juger Bakelandts, dit-il. De Greef a aussi de belles qualités de coureur de tours, mais le meilleur talent intrinsèque, c’est Kevin Seeldraeyers. "