L'étape pour Voeckler, 30 secondes pour un VDB offensif

F. Chl. Publié le - Mis à jour le

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Coucou le revoilà. Thomas Voeckler a remporté son bouquet sur le Tour de France. On l’avait annoncé incertain au départ du Tour, on l’avait vu grimacer sur les routes du Nord-pas –de-Calais, on pensait même qu’il allait abandonner en raison de ce genou qui le faisait souffrir, mais Ti Blanc a encore surpris son monde en s’imposant à Bellegarde-sur-Valserine. Quatrième du général l’an dernier après avoir longtemps porté le maillot jaune, Voeckler n’a pas connu le même destin en 2012 puisqu’il pointait à plus de 26 minutes ce matin. Dans une étape promise aux baroudeurs, il était donc logique de le retrouver aux avant-postes.

Au départ de Mâcon, ils n'étaient plus que 175 après les abandons de Tony Martin (Omega Pharma) et de Matthew Lloyd (Lampre) et l’exlcusion pour les raisons que l’on connait de Remi Di Gregorio (Cofidis). La bonne échappée ne tardait pas à se dégager sous l’impulsion de... Peter Sagan qui avait flairé la possibilité d’une bonne affaire avec un sprint intermédiaire situé juste avant le pied du col du Grand Colombier. Cavendish, au service de sa majesté Wiggins et Greipel, qui ne semble pas s’intéresser à la tunique verte, restaient dans le peloton au contraire d’Hutarovich et de Goss qui venaient prêter main forte au Slovaque. Au total, ils étaient vingt-cinq à se faire la belle avec quelques chasseurs d’étape puisque Simon Gerrans, Sandy Casar, Jens Voigt, Michele Scarponi et Thomas Voeckler étaient recensés dans ce groupe qui comptait aussi un Belge, Dries Devenyns. Les échappés allaient voir leur avance atteindre les sept minutes au pied de la côte de Corlier, une difficulté de deuxième catégorie qui sera franchie en premier par Michael Morkov, ancien porteur du maillot blanc à pois rouges.

Contrat rempli pour Goss

Trente bornes plus loin, les trois candidats au maillot vert présents dans l’échappée allaient en découdre dans les rues de Béon. Si Sagan lançait son pétard en premier, il ne finissait que troisième d’un sprint intermédiaire remporté par Goss devant Hutarovich. La journée était déjà réussie pour ces deux derniers.

Car la suite du menu n’était pas du goût de l’Australien et du Biélorusse. Trois kilomètres après leur sprint, c’est le premier col Hors Catégorie du Tour qui se dressait devant eux. Ascension régulièrement présente sur le Tour de l’Ain, le Grand Colombier n’avait jamais été emprunté par la Grande Boucle. Des passages à plus de 15% et un revêtement dégradé pouvaient offrir aux adacieux un terrain de jeu intéressant pour mettre en difficulté Wiggins. Et à l’approche de la montée, Lotto et Liquigas haussaient le tempo, histoire de faire comprendre aux Sky que Van den Broeck et Nibali n’allaient pas rester sages comme des images.

VDB en action

Pourtant dès les premiers lacets, Boassen Hagen et Porte reprenaient la main pour empêcher les changements de rythme. Devant, le groupe d’échappés s’était réduit à une peau de chagrin. De vingt-cinq au pied, ils n’étaient plus que quatre en vue du sommet. : Michele Scarponi (Lampre), Luis-Léon Sanchez (Rabobank), Thomas Voeckler (Europcar) et Dries Devenyns (Omega Pharma). Les attaques incéssantes du Français, dans on ne sait quel but, avaient pour don d’irriter ses compagnons et lui valaient une réprimande verbale de la part de notre compatriote. Au sommet, Ti Blanc s’emparait des points et était assuré de déposséder Kessiakoff de son maillot à pois. Mais c’est derrière que les choses les plus intéressantes se passaient.

A 6 kilomètres du sommet, Van den Broeck plaçait une première attaque qui était rapidement contrée par Rogers et Porte. Le citoyen de Morkhoven récidivait en vue du sommet et était cette fois accompagné de Rolland (Europcar) et de Taaramae (Cofidis). La descente, très technique, pouvait provoquer des écarts ou la chute de l’un ou l’autre. Et ça... tombe bien, Wiggins n’est guère à l’aise dans l’exercice.

Malheureusement pour VDB, il était vite rattrapé par le peloton maillot jaune, mais les accélérations d’Evans et de Nibali poussaient Rogers à la faute et privaient Wiggins d’un équipier important. Un peu plus loin, Nibali partait à l’offensive. Le Requin de Messine qui est sans doute le meilleur du monde dès que la pente décline creusait rapidement un bel écart et retrouvait Peter Sagan pour lui donner un coup de main. C’est avec 1’05” d’avance sur le groupe maillot jaune que le duo de la Liquigas se présentait au pied du col de Richemond, dernière difficulté du jour.

La belle tentative de Nibali

Pendant que le quatuor de tête continuait son petit bonhomme de chemin, Vincenzo Nibali lâchait les gaz. Mais, abandonné rapidement par un Sagan complètement cuit, l’Italien commençait à perdre du terrain et voyait le train Sky lui refermer brutalement la... Porte au nez. A ce moment, on pensait que plus aucun favori n’allait bouger, mais c’était sans compter sur Van den Broeck. Le Belge prenait le sillage de Rolland à quelques centaines de mètres du sommet et parvenait à creuser l’écart avec le groupe maillot jaune.

Eternel Jens Voigt, audacieux Devenyns

A 10 kilomètres de l'arrivée, le quatuor de tête devenait quintette avec le retour de Jens Voigt (Radio Shack), le quadragénaire allemand. Il restait encore 3 kilomètres à accomplir lorsque Dries Devenyns prenait la poudre d’excampette. Le coureur d’Omega Pharma profitait de la mésentente de ses compagnons d’échappée pour faire le trou. Il arrivait en tête sous la flamme rouge, mais le dernier kilomètre était loin d’être une synécure.

A bout de forces, Devenyns craquait et ne pouvait rien faire lorsque Voeckler plaçait sa mine. Ni Sanchez, ni Voigt, ni Scarponi n'étaient en mesure de reprendre l'Alsacien qui s’imposait en costaud dans la cité des Bellegardiens. Devenyns terminait finalement cinquième.

Derrière, Van den Broeck et Rolland reprenaient Casar et Martinez, mais voyaient surtout l’équipe Radio Shack rouler derrière eux. Alors qu’ils n’avaient rien montré quand il s’agissait d’attaquer Wiggins, les coureurs du team luxembourgeois entraient en action pour défendre les sixième et septième places de leurs leaders Zubeldia et Monfort. Une belle preuve d’ambition... Au final, VDB reprenait une trentaine de secondes au peloton maillot jaune et une place au classement général. Le Belge aura en tout cas eu le mérite de prendre ses responsabilités.

C’est finalement le seul changement d’un classement général toujours dominé par Bradley Wiggins. Le Britannique conserve sa minute 53 d’avance sur Evans et ses 2’07” sur Froome. Sagan garde son maillot vert, tandis que Van Garderen se parera encore de blanc demain.

Ce mercredi, l’étape ne sera longue que de 148 bornes, mais devrait faire du dégât. Deux cols classés hors catégorie (la Madeleine et la Croix de Fer) et une arrivée au sommet à la Toussuire sont en effet au programme. Une chance supplémentaire pour ceux qui y croient encore d’essayer de bousculer la hiérarchie de ce Tour.

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