La chanson de Rolland et la chanson de l'oreillette à la Toussuire

F.Chl Publié le - Mis à jour le

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Six ans après... Michael Rasmussen, c'est Pierre Rolland qui a succédé au palmarès des vainqueurs d'étape à La Toussuire. Derrière, Van den Broeck et Nibali ont attaqué, mais n'ont pas repris de temps à Bradley Wiggins qui conforte son statut de leader du Tour, mais aussi au sein de son équipe. Sky a tranché et son meilleur coureur sur la route, Christopher Froome, devra se contenter du statut de Dauphin.

Une vingtaine de coureurs dans l'échappée

Un copieux menu attendait les coureurs du Tour ce jeudi puisque la moitié des 148 kilomètres reliant Albertville à La Toussuire étaient en montée. Les attaques fusaient en début de course et 28 parvenaient à se détacher dans l'ascension du col de la Madeleine.

Parmi ceux-ci, quelques noms prestigieux comme Scarponi ,Rolland, Basso, Daniel Martin, Hoogerland, Valverde, Vinokourov, Leipheimer et Peter Velits. Malgré un travail remarquable de Christophe Kern, Rolland ne parvenait pas à passer en tête de la Madeleine, laissant Velits rafler la mise. Trois minutes plus tard, c'est le peloton emmené à un train de sénateur par Boassen Hagen et Knees qui franchissait le premier obstacle du jour.

Le pétard mouillé d'Evans

Après sprint intermédiaire de Saint-Etienne-de-Cuines remporté Kessiakoff, l'échappée allait défier le Col de la Croix de Fer. On s'attendait à une montée tranquille, mais BMC allait en décider autrement. Teejay Van Garderen sortait du peloton maillot jaune et préparait le terrain pour Cadel Evans qui passait à l'action quelques minutes plus tard. Un coup de panache ou plutôt un coup de bluff puisqu'on se rendait rapidement compte que l'Australien n'était pas dans un bon jour. Il suait de grosses gouttes pour suivre le sillage de son coéquipier, pendant que les Sky, sereins, laissaient Rogers hausser le tempo pour ramener les brebis égarés.

Devant, Kern continuait son incroyable travail pour Rolland qui n'empochait pas le maximum des points au sommet en se faisant déborder in extremis par Kessiakoff. En bas de la descente, ils n'étaient plus que huit: Kyrienka, Horner, ten Dam, Kiserlovski, Kessiakoff, Velits, Sörensen et Rolland.

Dans le col du Mollard, les explosifs Rolland et Kiserlovski se détachaient rapidement avant d'être rejoints par le diesel Kyrienka. C'est le Français qui empochait la mise au sommet avant de faire connaissance avec l'asphalte lors de la longue descente vers Saint-Jean-de-Maurienne. Il était attendu par ses deux compagnons de route et quelques kilomètres plus loin, le trio devenait quatuor avec le retour de Chris Anker Sörensen.

Comme promis, VDB et Nibali sortaient de leur coquille

C'est avec 2'30" d'avance sur le groupe maillot jaune que les fuyards se présentaient au pied de la montée finale. Rolland se retrouvait seul en tête après s'être débarrassé tour à tour de ses adversaires.

A 10 kilomètres de l'arrivé, Brajkovic était le premier à mettre le feu aux poudres au sein du peloton maillot jaune. Le Slovène était d'abord rejoint par Pinot et Van den Broeck, puis par Nibali au terme d'une attaque en deux temps. Wiggins, qui était désormais emmené par Froome ne s'affolait pas, mais la suite de l'histoire allait devenir cocasse. Le natif de Gand décidait lui-même de boucher le trou, mais était à deux doigts de faire sauter Froome.

Un peu plus loin, le Kenyan Blanc reprenait la main et ramenait son leader dans les échappements de Van den Broeck et Nibali, pendant qu'Evans lâchait irrémédiablement prise.

Chris Froome, le Barrichello de la petite-reine ?

Et pendant que Pierre entonnait la chanson de Rolland, Froome était contraint d'écouter celle de l'oreillette. Alors qu'il venait d'attaquer, le deuxième de la dernière Vuelta était contraint de se rasseoir sur sa selle. Wiggins coinçait et Dave Brailsford rappelait à son coureur qui était le leader de l'équipe. On avait droit à l'image surréaliste d'un Chris Froome parlementant tranquillement avec sa direction pendant que les autres grimaçaient dans sa roue…

Pendant ce temps, Rolland remportait son deuxième succès sur la Grande Boucle, douze mois après avoir décroché un bouquet à l'Alpe d'Huez. Derrière, c'est l'étonnant Pinot qui privait Froome de la seconde place. Van den Broeck terminait quatrième, tandis que Nibali obtenait la cinquième place et une tape amicale de Wiggins, sixième. Cadel Evans, à la dérive, comprenait qu'il ne rééditerait pas son exploit de l'an dernier. Tiré par Van Garderen, l'Australien arrivait 1'26" après les autres favoris.

Derrière, les dégâts étaient terribles et sept coureurs dont Alessandro Petacchi se retrouvaient hors-délais. Sauf clémence des commissaires, ils quitteront dès ce soir leurs petits camarades.

La remontée de VDB, la dégringolade de Monfort

Au classement général, l'horizon semble toujours aussi dégagé pour Sky. Wiggins devance désormais Froome, sans doute le plus fort coureur de l'épreuve, de 2'03". Nibali monte sur le podium que quitte Evans. Le Requin de Messine pointe à 2'23" devant l'Australien qui accuse désormais un passif de 3'19". Van den Broeck réalise la bonne affaire en intégrant le top 5 à 4'48". Monfort, qui a connu un jour sans, peut oublier le top 10. Il occupe désormais la 17e place du général à 17'41".

Les pois pour Kessiakoff

Au niveau des autres maillots distinctifs, on signalera le nouveau changement de propriétaire pour les pois qui retrouvent les épaules de Kessiakoff. Sagan est toujours bien accroché à sa tunique verte, tout comme Van Garderen à la blanche. Le prix de la combativité est "naturellement" revenu au vainqueur du jour.

Demain, le peloton aura droit à la plus longue étape du Tour (226 kilomètres). Un profil dessiné pour les baroudeurs avec deux ascensions de "première catégorie" et une de troisième pour rejoindre Annonay Davézieux où sera jugée l'arrivée .

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