Cyclisme

L’adage est connu de tous : comparaison n’est pas raison. Mettre en parallèle les époques demeure, surtout dans le domaine sportif, un exercice particulièrement périlleux que nous avons pourtant voulu tenter. Un constat s’impose : l’impact des coureurs belges sur le Tour de France s’amenuise au fil des décennies.

1 Des succès d’étapes de plus en plus rares : on pourrait rebaptiser les années 70 les "golden seventies" . De 1970 à 1979, nos compatriotes ont enlevé 94 succès d’étapes. De 1980 à 1989, ce total s’élevait à 44 victoires contre 16 pour les années 90. Depuis l’entrée dans le nouveau millénaire, nos compatriotes ont levé les bras en franchissant la ligne à treize reprises seulement. S’il reste l’édition 2009 pour faire croître ce total, il est actuellement sept fois moins important que celui des années 70.

2 Moins de journées en jaune pour la Belgique : Eddy Merckx a, bien évidemment, marqué l’histoire du Tour de France et du cyclisme belge. Durant les années 70, le maillot jaune fut ainsi porté à 137 reprises par un coureur belge dont 91 fois par le roi Eddy. Ce total descend à 16 pour les années 80. Dans les années 90, les Belges n’enfilèrent la tunique de leader qu’à huit reprises. Depuis l’entrée dans les années 2000, on comptabilise cinq journées en jaune pour la Belgique. Le dernier coureur belge a avoir figuré en tête du classement général est Tom Boonen au soir de la 6e étape (Lisieux-Vitré) du Tour 2006. Le record de journées en jaune pour la Belgique date de l’édition de 1974 au cours de laquelle les Belges (Merckx, Bruyere et Sercu) avaient occupé la première place du général durant 25 journées, leur hégémonie étant tout juste contestée deux jours par le Néerlandais Gerben Karstens.

3 Moins de coureurs belges au départ : l’internationalisation du peloton sonne comme une évidence aux divers constats dressés ci-dessus et également à la réduction du nombre de coureurs belges au départ du Tour. Ils devraient ainsi être onze compatriotes au départ à Monaco (si Boonen est autorisé à courir). Lors de l’édition record de 1981, cinquante coureurs composaient le contingent belge, soit un tiers du peloton présent au départ (150) ! Quinze nationalités différentes étaient alors représentées, contre vingt-neuf cette année. En 1969, lors de la première victoire d’Eddy Merckx sur le Tour, les Belges étaient 38. Seules neuf nationalités coloraient le peloton lors de cette édition.